16 décembre 2019

C'est leur avis

Les dilemmes du mouvement de protestation algérien

Après l’élection à la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, un ancien Premier ministre de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, une nouvelle manifestation a eu lieu vendredi en Algérie pour dénoncer le « système ». Correspondant du Monde en Afrique du Nord, Frédéric Bobin estime que cette élection force le mouvement protestataire [€], surnommé « Hirak », à évoluer.

« Doucereux, le futur chef d’État a qualifié de “béni” le mouvement auquel il dit “tendre la main pour un dialogue sérieux”. Et pour mieux convaincre de sa bonne foi, il devrait susciter la libération de détenus interpellés ou condamnés ces derniers mois. […] L’offensive de charme qui s’annonce va poser au Hirak un immense défi, qui touche à sa nature même. D’abord parce que le “dialogue” suppose que les protestataires se dotent de porte-parole, ce qu’ils ont, pour l’instant, refusé de faire dans un cadre qu’ils estiment piégé par le pouvoir. […] L’autre dilemme consiste à “dialoguer” avec un président jugé “illégitime”. Là encore, sauter le pas attisera des tensions intestines. Aussi le principal péril qui attend le mouvement est-il sa possible division face aux ouvertures que prépare le régime. » Frédéric Bobin