17 décembre 2019

Tout s'explique

Nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites

Que réclament les syndicats aujourd’hui ?

Après les mobilisations des 5 et 12 décembre, des manifestations ont réuni plusieurs centaines de milliers de personnes aujourd’hui dans toute la France contre la réforme des retraites. Depuis la présentation des mesures de la réforme par le Premier ministre, Édouard Philippe, le 11 décembre, tous ne réclament pas la même chose. D’un côté, la CGT, FO, la CFE-CGC, la FSU et Solidaires appellent au retrait de la réforme, ainsi qu’à l’ouverture de négociations « pour améliorer le système par répartition actuel », ont-ils expliqué mercredi dans un communiqué commun. De l’autre, la CFDT, la CFTC et l’Unsa ne demandent pas le retrait de la réforme, mais principalement la suppression de la mesure concernant la mise en place d’un âge d’équilibre à 64 ans.

Pourquoi les enseignants s’opposent-ils à la réforme ?

Présents dans les cortèges aujourd’hui, plusieurs syndicats de l’enseignement – la FSU, la CGT, Sud, ou encore FO – réclament le retrait de la réforme. Selon eux, elle va mener à une forte baisse des pensions des enseignants puisque le calcul de la retraite doit prendre en compte « toute la carrière, y compris les faibles rémunérations de départ, et non les six derniers mois » comme actuellement, dénoncent-ils dans un communiqué commun publié vendredi. « Quel crédit donc accorder aux promesses de revalorisation des rémunérations par des primes ? » se demandent-ils aussi, alors que la valeur du point d’indice – qui sert à calculer le salaire brut d’un fonctionnaire – a été bloquée par le gouvernement « jusqu’en 2021 ». Lors de deux rencontres, vendredi et hier, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, leur a promis d’inscrire dans la loi le maintien de leur niveau de pension.

Quelles sont les critiques faites à la réforme concernant les femmes ?

« Les premières victimes de la réforme des retraites portée par Emmanuel Macron seront les femmes », ont estimé, hier, plusieurs organisations de gauche et féministes – comme La France insoumise, la CGT, ou encore Osez le féminisme –, à l’occasion d’un meeting organisé à Paris. Calculer les droits à la retraite sur l’ensemble de la carrière et non sur les meilleures années va pénaliser les femmes, « dont les carrières sont nettement moins linéaires que celles des hommes », affirment-elles dans un communiqué publié hier. Par ailleurs, la réforme prévoit que les parents puissent se répartir une majoration des pensions attribuée à chaque naissance d’enfants, dès le premier enfant. Les hommes ayant souvent de plus gros salaires, les couples pourraient cependant préférer laisser la majoration à l’homme, ce qui constituerait un risque en cas de séparation, a jugé Céline Piques, porte-parole d’Osez le féminisme.