24 décembre 2019

Tout s'explique

La grève contre la réforme des retraites perdure pendant les fêtes

Comment évolue la mobilisation ?

Malgré l’appel d’Emmanuel Macron samedi à une « trêve pour respecter les familles », le mouvement de contestation contre le projet de réforme des retraites bloque toujours une partie du trafic ferroviaire en cette veille de Noël, 20e jour de mobilisation. Si le nombre de grévistes a décru la semaine dernière à la SNCF, il a légèrement augmenté, passant de 9,2 % hier à 9,8 % de l’effectif total aujourd’hui, selon l’entreprise. Mais il atteignait aujourd’hui près de 50 % chez les conducteurs. Le président du directoire de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, a estimé aujourd’hui dans une interview au Monde que 60 % des passagers ayant une réservation avaient pu voyager ce week-end. À l’appel de la CGT, un arrêt de travail dans deux raffineries sur les huit présentes en France métropolitaine a été enclenché dimanche. La France dispose cependant de réserves de carburant équivalent à trois mois de consommation.

Où en sont les négociations ?

Le gouvernement a annoncé hier soir que les négociations sur la réforme des retraites reprendraient le 7 janvier, en particulier sur les sujets de la pénibilité et des fins de carrière. Il prévoit toujours de présenter son projet de loi en Conseil des ministres le 22 janvier. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a déclaré jeudi soir que le gouvernement acceptait une mise en œuvre plus progressive de la réforme pour les salariés de la SNCF afin de respecter leurs droits acquis. Il s’est dit prêt à revoir certaines modalités de prise en compte de la pénibilité, à réviser à la hausse la pension minimum et à revaloriser les revenus des enseignants. L’Unsa a souligné des « avancées », même si « la proposition d’un âge pivot dès 2022 reste une ligne rouge ». La CGT, la CFE-CGC, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation le 9 janvier.

Comment s’organisent les grévistes ?

Pour faire face aux diminutions de salaire en raison des jours de grève, plusieurs caisses de grève et cagnottes en ligne ont été ouvertes. La CFDT estime être « la seule organisation syndicale » à disposer d’une caisse de grève permanente, financée par une partie des cotisations au syndicat. Elle propose une indemnité de 7,30 euros par heure pour les adhérents salariés à temps plein en grève depuis plus de sept heures. D’autres syndicats ont lancé des cagnottes en ligne, au niveau national ou au niveau local. La cagnotte mise en place par la fédération CGT InfoCom en 2016, à l’occasion de la mobilisation contre la loi Travail, continue à recevoir des dons depuis le début de la mobilisation et peut, selon sa charte d’utilisation, bénéficier à tous les salariés engagés dans une grève reconductible qui en font la demande.