26 décembre 2019

Tout s'explique

Attaques terroristes au Burkina Faso

Quel est le bilan des deux attaques perpétrées au Burkina Faso ?

Le Burkina Faso a été successivement frappé par deux attaques terroristes mardi et dans la nuit de mardi à mercredi. La première a eu lieu mardi matin à Arbinda, dans le nord du pays. Un groupe armé a attaqué un poste militaire. Dans sa fuite, il a abattu sept militaires et « 35 victimes civiles, en grande majorité des femmes », a précisé mardi soir le président du Burkina Faso, Roch Kaboré. Ripostant à l’attaque, les forces armées ont « permis de neutraliser 80 terroristes », selon l’état-major. La deuxième attaque a eu lieu dans un village également situé dans le nord du pays. Une dizaine de militaires ont été tués selon des sources militaires citées par l’AFP. Les deux attaques n’ont pas été revendiquées.

Quelle est l’ampleur de la menace terroriste au Burkina Faso ?

Le Burkina Faso est régulièrement victime d’attaques terroristes depuis 2015. D’autres pays de la région du Sahel – le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad – font face à cette menace. D’après un décompte réalisé par l’AFP, ces attaques ont provoqué la mort de près de 750 personnes au Burkina Faso depuis 2015. En novembre, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estimait à près de 500 000 personnes le nombre de déplacés dans le pays, du fait de la « récente recrudescence d’attaques violentes commises par des milices à l’encontre des militaires et des civils ». Depuis 2015, Ouagadougou, la capitale, a été frappée par trois attentats. En mai, une opération de l’armée française dans le nord du pays a permis de libérer deux touristes français, ainsi qu’une Américaine et une Sud-Coréenne, enlevés au Bénin quelques jours plus tôt.

Comment s’est développé le djihadisme dans le Sahel ?

En 2007, un groupe djihadiste issu de la guerre civile algérienne se rallie à Al-Qaïda et crée Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En 2012, confortés par l’effondrement du régime de Mouammar Kadhafi en Libye, AQMI et d’autres groupes prennent le contrôle du nord du Mali. Leur offensive est arrêtée début 2013 grâce à l’opération Serval de l’armée française. Retranchés, ces groupes continuent de se développer. En février 2014, les cinq pays de la région créent la coalition G5 Sahel. Celle-ci dispose depuis 2017 d’une force militaire conjointe assistée par la France, dans le cadre de l’opération Barkhane, qui succède en 2014 à l’opération Serval et mobilise 4 500 militaires sur place. L’ONU est également présente au Mali avec la mission Minusma depuis 2013. Le Niger a connu le 10 décembre une attaque revendiquée par le groupe État islamique qui est la plus meurtrière de son histoire, avec 71 soldats tués.