27 décembre 2019

Tout s'explique

Benjamin Netanyahou vainqueur de la primaire du Likoud

Quel est le résultat de la primaire du Likoud ?

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a obtenu 72,5 % des suffrages, contre 27,5 % pour son rival Gideon Saar, député et ancien ministre, lors de la primaire du Likoud (droite) qui s’est tenue hier, selon les résultats communiqués par le parti cette nuit. Gideon Saar a reconnu sa défaite sur Twitter, affirmant qu’il serait « derrière » Benjamin Netanyahou pour « assurer la victoire du Likoud » aux élections législatives anticipées de mars, les troisièmes en moins d’un an après celles d’avril et de septembre. Pendant la campagne de la primaire, Gideon Saar avait pourtant insisté sur le fait que Benjamin Netanyahou « avait échoué à deux reprises » à former un gouvernement.

Pourquoi le pays organise-t-il ses troisièmes élections en moins d’un an ?

Les élections législatives israéliennes fonctionnent avec une circonscription unique, tous les électeurs se voyant proposer les mêmes listes. Chaque parti obtient au Parlement un nombre de sièges proportionnel à sa part des suffrages. Pour former un gouvernement, le Premier ministre doit s’assurer du soutien d’au moins 61 députés sur les 120 que compte le Parlement. À la suite des élections organisées en avril et en septembre, les partis ont échoué à former une coalition réunissant cette majorité. En avril, le Likoud est arrivé en tête, mais ne disposait que de 35 sièges. En septembre, la coalition centriste Bleu et Blanc a obtenu 33 sièges, contre 32 au Likoud. Les deux formations ont envisagé de s’allier, mais ne se sont pas entendues. Benny Gantz, le dirigeant de Bleu et Blanc, avait déclaré en septembre que sa formation n’accepterait pas d’appartenir à un gouvernement dont le « chef est sous le coup d’un grave acte d’accusation ».

De quoi Benjamin Netanyahou est-il soupçonné par la justice ?

Le 21 novembre, le procureur général d’Israël a mis en examen Benjamin Netanyahou pour son rôle dans trois affaires. Il est soupçonné d’avoir octroyé des faveurs à l’actionnaire majoritaire du groupe de télécommunications Bezeq, en échange d’articles bienveillants sur le site d’informations Walla, détenu par Bezeq. Le Premier ministre est également soupçonné d’avoir reçu des cadeaux (cigares, champagne, bijoux) de la part de riches personnalités en échange de décisions réglementaires en leur faveur. Dans une troisième affaire, il est accusé d’avoir cherché à négocier un accord avec le journal Yediot Aharonot, pour que ce dernier lui assure une couverture favorable, lui promettant en contrepartie une loi limitant la diffusion de son principal concurrent.