31 décembre 2019

Tout s'explique

Carlos Ghosn en fuite au Liban

Pourquoi Carlos Ghosn a-t-il fui au Liban ?

Carlos Ghosn, l’ancien dirigeant des groupes automobiles Renault, Nissan et Mitsubishi Motors, a fui le Japon pour rejoindre le Liban où il est arrivé dans la nuit de dimanche à lundi par un vol privé en provenance de Turquie. La Direction de la sûreté générale du Liban, notamment chargée du contrôle des entrées dans le pays, a affirmé qu’il était arrivé légalement et ne pouvait faire l’objet de poursuites. Les autorités japonaises ont précisé qu’elles n’avaient enregistré, ces derniers jours, aucun départ d’un passager portant son nom. Son principal avocat au Japon a déclaré que Carlos Ghosn n’avait pas accès à ses trois passeports – libanais, français et brésilien. L’homme d’affaires était jusque-là assigné à résidence à Tokyo, la capitale du Japon, dans le cadre de quatre inculpations liées à ses anciennes fonctions de dirigeant de Nissan.

De quoi Carlos Ghosn est-il soupçonné par la justice japonaise ?

Carlos Ghosn a été placé en détention provisoire le 19 novembre 2018 et mis en examen pour des soupçons de malversations financières. Il est resté en prison jusqu’au 6 mars 2019. Le parquet japonais le soupçonne d’avoir dissimulé environ la moitié de ses revenus de 2010 à 2018 dans des rapports de Nissan remis aux autorités boursières, soit plus de 75 millions d’euros au total. Il est également soupçonné d’avoir fait couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels pendant la crise financière de 2008, pour environ 15 millions d’euros. Le 4 avril, il a été une nouvelle fois arrêté, le parquet japonais le soupçonnant cette fois d’avoir prélevé pour son compte personnel une partie des versements effectués par Nissan au distributeur de la marque dans le sultanat d’Oman.

Quelles sont les conséquences judiciaires de cette fuite ?

Le Japon a désormais la possibilité de lancer un mandat d’arrêt international à l’encontre de Carlos Ghosn. Ce mandat n’aurait néanmoins pas d’effet au Liban puisque ce pays n’a pas signé d’accord bilatéral d’extradition avec le Japon. En revanche, s’il se rendait dans des pays liés au Japon par un accord d’extradition, Carlos Ghosn risquerait de se faire arrêter. Selon son principal avocat japonais, l’ancien PDG de Renault continuait avant sa fuite « à préparer son procès » prévu à partir d’avril. Il avait versé à la justice japonaise une caution de 12 millions d’euros de caution pour pouvoir sortir de prison et être assigné à résidence. Carlos Ghosn a estimé ce matin dans un communiqué avoir été au Japon « l’otage d’un système judiciaire partial ».