2 janvier 2020

Tout s'explique

L’Australie confrontée à d’importants incendies

Quelles sont les zones touchées par les incendies ?

Les autorités de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, ont demandé ce matin aux touristes de quitter, avant samedi, une zone côtière de 200 kilomètres de long allant de la ville de Batemans Bay – à un peu plus de 200 kilomètres au sud-ouest de Sydney – jusqu’à l’État du Victoria au sud. Le pays connaît depuis septembre des incendies qui touchent principalement le sud-est du pays (voir carte). La Première ministre de la Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, a déclaré un état d’urgence de sept jours à partir de demain, qui autorise les évacuations forcées d’habitants. Depuis le début des incendies en septembre, au moins 18 personnes sont mortes, 1 300 maisons ont été détruites et près de 6 millions d’hectares ont été incendiés, d’après les chiffres communiqués par les autorités.

Pourquoi ces incendies ont-ils lieu ?

Chaque année, des feux de végétation se déclenchent en Australie pendant la saison dite des incendies, de septembre à février. Le climat chaud et sec dans le pays favorise leur développement. La foudre est la « source naturelle prédominante » des départs de feu, précise le site du gouvernement australien. La présence de « méga-plantations d’eucalyptus » peut aussi expliquer la propagation des incendies, parce que ceux-ci sont « très sensibles au feu », expliquait le spécialiste des arbres Sylvain Angerand à France Culture le 29 décembre. Selon le Bureau météorologique australien, une agence gouvernementale, l’intensité des feux est aussi due au changement climatique qui, par la sécheresse qu’il provoque, « influence la fréquence et la sévérité des conditions de feux de forêt dangereux ».

Pourquoi le gouvernement australien est-il critiqué ?

Le Premier ministre australien, Scott Morrison, n’admet pas une responsabilité directe de son pays dans le réchauffement climatique, rappelant que l’Australie n’est responsable que « de 1,3 % des émissions mondiales » de gaz à effet de serre. Il est aussi critiqué par des associations environnementales pour ses positions pro-charbon, alors que le pays était en 2018 le deuxième exportateur mondial de cette source d’énergie selon l’Agence internationale de l’énergie. En 2017, il avait brandi un morceau de charbon, criant « N’ayez pas peur », devant les parlementaires de la Chambre des représentants, l’une des deux chambres du parlement australien. Interrogé sur une possible limitation de l’industrie charbonnière à l’occasion d’une conférence de presse le 23 décembre, il s’y est opposé, jugeant l’idée « irresponsable » et « destructrice d’emplois ».