6 janvier 2020

Tout s'explique

Le Parlement irakien demande le retrait des troupes étrangères

Qu’a voté le Parlement irakien ?

Le Parlement irakien a adopté hier une résolution demandant au gouvernement irakien de mettre fin à la présence de troupes étrangères dans le pays. Cette décision fait suite à l’assassinat vendredi par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani et de Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de milices irakiennes en majorité chiites, intégrées aux forces armées irakiennes. La résolution du Parlement n’a pas de valeur contraignante. Le Premier ministre irakien, Adel Abdel Mahdi, s’est néanmoins prononcé lui-même en faveur d’un retrait des troupes étrangères, en ouverture de cette séance parlementaire extraordinaire. 5 000 soldats américains sont actuellement déployés en Irak.

Quelle est l’influence de l’Iran en Irak ?

Dès 2003, l’Iran a profité de la chute du régime sunnite de Saddam Hussein, président de la République d’Irak depuis 1979, du fait de l’invasion américaine, pour gagner en influence dans le pays, explique à Atlantico Alain Rodier, directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement, un cercle de réflexion. Selon lui, l’Iran a formé des milices chiites dans le pays. Les relations entre les deux pays se développent également sur le plan économique. Le ministre iranien de l’Industrie a estimé en octobre que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays augmenterait de 67 % d’ici 2021, pour atteindre 20 milliards de dollars. La contestation de la présence iranienne en Irak est l’un des griefs des manifestants qui protestent depuis depuis début octobre dans le pays.

Quelles sont les relations du gouvernement irakien avec les États-Unis ?

Lorsqu’il a décidé l’intervention américaine en Irak en 2003, le président américain de George W. Bush affirmait vouloir établir un gouvernement de transition après la chute de Saddam Hussein. Ce gouvernement a été mis en place en 2005, avant l’organisation d’élections législatives et l’approbation d’une nouvelle Constitution la même année. Les liens se sont depuis distendus. Fin 2018, Donald Trump s’est rendu en Irak sans rencontrer aucun dirigeant irakien, tout comme son vice-président, Mike Pence, en novembre dernier. Hier, Donald Trump a menacé l’Irak de « très fortes sanctions » si les troupes américaines étaient contraintes de quitter le pays.