7 janvier 2020

Tout s'explique

Reprise des négociations sur la réforme des retraites

Quels points sont en discussion ?

Les négociations autour de la réforme des retraites ont repris ce matin avec une réunion au ministère du Travail entre le gouvernement et les organisations syndicales et patronales. Elle était notamment consacrée à la pénibilité et à l’emploi des seniors. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé dans la matinée avoir proposé aux partenaires sociaux de se réunir vendredi pour déterminer le « contenu, la forme et le mandat » d’une conférence de financement du futur système de retraites, acceptant ainsi une idée proposée par la CFDT. Cette dernière reste opposée à la mise en place d’un âge pivot. Elle ne souhaite pas que la réforme du système – qu’elle soutient – s’accompagne d’un recul de l’âge de départ à la retraite. La CGT, FO, la CFE-CGC, la FSU et Solidaires réclament toujours le retrait du projet de réforme, au profit de négociations pour améliorer le système actuel.

Quelles sont les concessions du gouvernement ?

Depuis la mi-décembre, plusieurs professions ont obtenu des concessions de la part du gouvernement. Le 14 décembre, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé que les policiers pourraient, sous certaines conditions, continuer à prendre leur retraite à 52 ans. Les 18 et 19 décembre, les salariés de la SNCF et de la RATP ont obtenu d’être intégrés au futur système de retraite universel à partir des générations nées en 1980 ou 1985 selon les catégories de personnel, contre 1975 pour les salariés du privé. Les hôtesses de l’air, les aiguilleurs du ciel, les chauffeurs routiers ou encore les danseurs de l’Opéra de Paris ont obtenu du gouvernement la promesse de conserver un âge spécifique de départ à la retraite, temporaire ou pérenne. Édouard Philippe s’est par ailleurs engagé, le 11 décembre, à ce que la future pension des enseignants reste au niveau « des fonctions comparables dans la fonction publique ».

Où en est la grève ?

Le pourcentage de grévistes à la SNCF était de 6,6 % ce matin selon la compagnie ferroviaire qui constate des chiffres inférieurs à 7 % depuis le début de l’année alors que la mobilisation était de 55,6 % au premier jour du mouvement, le 5 décembre. Le mouvement reste suivi par plus d’un tiers des conducteurs et par un contrôleur sur cinq, selon la SNCF. Un délégué CGT du groupe pétrolier Total a déclaré aujourd’hui sur Twitter que l’ensemble des huit raffineries de pétrole de France métropolitaine étaient en grève. Le Conseil national des barreaux, une organisation représentative des avocats, a appelé, depuis hier et toute la semaine, à une mobilisation pour le maintien du régime de retraite autonome dont bénéficie la profession. L’intersyndicale composée en particulier de la CGT et de FO a appelé à deux journées de mobilisation nationale, les 9 et 11 janvier.