8 janvier 2020

Tout s'explique

L’Iran attaque deux bases militaires abritant des soldats américains en Irak

Quelle attaque l’Iran a-t-il menée ?

L’Iran a envoyé la nuit dernière plus d’une dizaine de missiles balistiques sur deux bases militaires irakiennes, à Erbil (nord) et Aïn Al-Assad (ouest), dans lesquelles stationnent des militaires américains ainsi que des soldats de la coalition internationale contre le groupe djihadiste État islamique (EI), a annoncé le département américain de la Défense. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a présenté dans un tweet ces attaques comme des représailles « proportionnées », après l’assassinat vendredi du général iranien Qassem Soleimani. « Aucun Américain n’a été blessé », a affirmé cet après-midi le président des États-Unis, Donald Trump. Le commandement militaire irakien a assuré qu’il n’y avait pas de victime parmi les forces irakiennes. L’administration fédérale américaine de l’aviation a demandé aujourd’hui aux compagnies aériennes d’éviter l’espace aérien de l’Irak et de l’Iran.

Quelle est l’importance de ces bases ?

Les deux bases visées sont des symboles importants de la présence américaine en Irak. La base d’Aïn Al-Assad a accueilli plusieurs visites du président des États-Unis, Donald Trump, ainsi que de son vice-président, Mike Pence, ces deux dernières années. La base d’Erbil a été utilisée en octobre par les forces spéciales américaines pour stationner huit hélicoptères et mener l’opération qui a abouti à la mort du dirigeant de l’organisation djihadiste État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi. Le service de recherche du Congrès américain recensait en mars dernier cinq bases partagées par les membres de l’armée américaine et de la coalition en Irak. Le Parlement irakien a adopté dimanche une résolution demandant au gouvernement irakien de mettre fin à la présence de troupes étrangères – en particulier américaines – dans le pays.

Quelle est la présence de la coalition militaire menée par les États-Unis en Irak ?

La coalition internationale mise en place à l’été 2014 pour lutter contre l’EI en Syrie et en Irak rassemble 76 pays et cinq organisations, comme la Ligue arabe et l’Union européenne, selon son site internet. En Irak, elle compte plusieurs milliers d’hommes, le contingent principal étant celui des États-Unis, qui y ont déployé plus de 5 000 militaires. S’y ajoutent notamment 900 Italiens, 500 Canadiens, 400 Britanniques, 160 Français et 120 Allemands, selon des chiffres publiés ces derniers jours par les autorités de ces pays. Dimanche, le commandement militaire de la coalition a annoncé la suspension de ses opérations de formation des forces irakiennes après plusieurs attaques de combattants pro-Iran contre des bases militaires irakiennes et américaines. L’Otan, une coalition de 29 pays, le Canada et l’Allemagne ont annoncé hier un retrait partiel de leurs troupes d’Irak.