16 janvier 2020

Tout s'explique

Un accord commercial entre les États-Unis et la Chine

En quoi consiste l’accord signé entre les États-Unis et la Chine ?

Le président américain, Donald Trump, a signé hier soir la première phase d’un accord commercial avec le vice-Premier ministre chinois, Liu He. La Chine s’y engage à acheter 200 milliards de dollars de produits et services américains supplémentaires en 2020 et 2021. Elle en avait importé pour 120 milliards de dollars en 2018, selon le Census Bureau, un organisme américain de statistiques. L’accord prévoit une meilleure protection de la propriété intellectuelle. Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump critique le creusement du déficit commercial des États-Unis avec la Chine, c’est-à-dire le fait que les importations de produits chinois soient plus importantes que les exportations de produits américains. Il l’attribue au protectionnisme de la Chine. Depuis mars 2018, les États-Unis ont relevé à plusieurs reprises les droits de douane sur une liste toujours plus étendue de produits chinois et la Chine a répliqué en augmentant les siens.

Cet accord met-il fin au différend commercial entre les deux pays ?

Donald Trump a estimé que l’accord représentait un « pas décisif » vers « un avenir de commerce équitable et réciproque » avec la Chine. « La coopération est la seule option correcte », a déclaré Liu He. Donald Trump a néanmoins prévenu que les droits de douane actuels seraient maintenus tant que la deuxième phase de l’accord – que le président envisage de signer après son éventuelle réélection en novembre – ne serait pas entrée en vigueur. L’accord ne prévoit pas non plus la sortie du groupe chinois de télécommunications Huawei de la liste des entreprises avec lesquelles les firmes américaines n’ont pas le droit de commercer. Elle sera traitée « séparément », comme une « question de sécurité nationale », a expliqué hier le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, sur la chaîne américaine CNBC.

Quelles conséquences a eu ce différend commercial ?

Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que la hausse des droits de douane, « principalement supportée par la Chine », avait « peu d’impact » sur les États-Unis. Plusieurs études ont contredit ces affirmations comme celle publiée en novembre par le port de Los Angeles, premier port des États-Unis. Elle affirme que les droits de douane « menacent près de 1,5 million d’emplois aux États-Unis » et qu’ils ont « fait augmenter les coûts pour les consommateurs » qui achètent des « produits de base tels que la nourriture, les vêtements, les appareils électroménagers ». En octobre, le Fonds monétaire international, un organisme chargé de garantir la stabilité financière mondiale, s’inquiétait du « ralentissement synchronisé » de la croissance mondiale. Il l’attribuait principalement au différend commercial entre les États-Unis et la Chine qui a fait naître une « incertitude prolongée » ayant « entraîné une baisse de l’investissement et de la demande de biens d’équipement ».