20 janvier 2020

Tout s'explique

Des blocages de lycées contre la réforme du bac

À quels blocages a donné lieu la réforme du baccalauréat ?

Cinq lycées ont été bloqués et 24 actions de mobilisation ont été recensées aujourd’hui par le ministère de l’Éducation nationale, alors que débutaient les épreuves de contrôle continu du baccalauréat pour les élèves de première. Le syndicat enseignant Snes-FSU estime que la mobilisation a touché 40 % des établissements où devaient se tenir les épreuves. Appelées « E3C », ces dernières ont été mises en place dans le cadre de la réforme du baccalauréat, applicable aux élèves qui passeront le diplôme en 2021. Le 10 janvier, dans un communiqué commun, les principaux syndicats des collèges et lycées ont demandé au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de renoncer à ces nouvelles épreuves. Samedi, le blocage d’un lycée à Clermont-Ferrand a provoqué leur annulation. Jean-Michel Blanquer a annoncé hier que les auteurs de ce blocage seraient poursuivis.

Qu’est-ce que la réforme du bac ?

Les lycéens entrés en classe de première en septembre sont les premiers à connaître la nouvelle organisation du baccalauréat. La filière générale ne comporte plus de séries – littéraire, scientifique ou économique et sociale. Les lycéens suivent désormais un tronc commun de disciplines (français, histoire-géographie, deux langues, sport et enseignement scientifique) et choisissent trois enseignements de spécialité. 40 % de la note du baccalauréat correspond à un contrôle continu (30 % sur les E3C, 10 % sur les bulletins scolaires de première et de terminale), les 60 % restants correspondent aux épreuves finales. Ces dernières ne sont plus qu’au nombre de cinq, au lieu d’une dizaine dans l’ancienne version du baccalauréat. Elles se répartissent entre le français, deux épreuves de spécialité, la philosophie et un « grand oral » – une nouvelle épreuve appuyée sur un projet préparé en première et en terminale.

Que reprochent les enseignants à cette réforme ?

Les opposants à la réforme du baccalauréat critiquent la mauvaise organisation des nouvelles épreuves et lui reprochent de créer des inégalités. Dans leur communiqué du 10 janvier, les syndicats d’enseignants pointent l’ouverture tardive de la banque nationale d’où sont tirés les sujets des épreuves et déclarent que les exercices qui y sont proposés « ne correspondent pas dans de nombreux cas aux savoirs travaillés avec les élèves ». Dans une tribune publiée la semaine dernière par Libération, un collectif de professeurs de lycée, universitaires et parents d’élèves dénonçait également l’« anonymat très relatif des copies corrigées le plus souvent par les enseignants des établissements où se déroulent les épreuves ». Il estimait que la nouvelle organisation créerait une « rupture d’égalité », avec un bac différent selon chaque lycée.