21 janvier 2020

Tout s'explique

La Chine face à un nouveau virus respiratoire

Où en est la propagation du virus ?

Six personnes sont mortes du fait d’un nouveau virus respiratoire qui se propage en Chine depuis décembre, a annoncé aujourd’hui le maire de la ville d’où est parti le virus, Wuhan, à 700 km à l’ouest de Shanghai. Le virus a ensuite gagné plusieurs grandes villes chinoises. Au total, 291 cas suspects ont été confirmés par les autorités du pays et 922 patients sont actuellement en observation. D’autres pays – la Thaïlande, le Japon et la Corée du Sud – ont annoncé avoir identifié des malades ces derniers jours. Des cas suspects ont été décelés en Australie et aux Philippines, mais le lien avec le virus n’est pas encore avéré. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence de l’ONU, a annoncé hier qu’elle se réunirait demain pour vérifier « si l’épidémie constitue une urgence de santé publique internationale » et « quelles recommandations devraient être formulées pour la gérer ».

Pourquoi ce virus inquiète-t-il ?

La Chine a déjà connu une épidémie d’ampleur en 2003, avec le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), une maladie infectieuse des poumons qui avait provoqué la mort de 774 personnes, selon l’OMS, dont une majorité en Chine. Les autorités sanitaires de la province dont Wuhan est la capitale ont depuis exclu que le Sras soit à l’origine des nouvelles contaminations. Tout comme le Sras, celui-ci fait partie de la famille des coronavirus, qui provoquent des maladies chez l’humain et l’animal. L’OMS a affirmé hier qu’un animal semblait être « la source la plus vraisemblable » du virus. Un pneumologue de la commission nationale chinoise de la santé a affirmé hier à la télévision d’État que le virus pouvait se transmettre entre humains.

Quelles mesures ont déjà été prises ?

Lors de l’épidémie due au Sras en 2003, l’OMS avait critiqué les autorités chinoises pour avoir masqué l’ampleur de la contamination et n’avoir pas agi suffisamment rapidement. Cette fois, les autorités ont pris des mesures rapides. Elles ont fermé et désinfecté dès le 1er janvier le marché de fruits de mer de la ville de Wuhan soupçonné d’être la source de la contamination. Les patients ont été placés à l’isolement et les personnes qu’ils ont pu côtoyer sont suivies. Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé, a déclenché vendredi un « dispositif de surveillance renforcée ». Les médecins sont invités à orienter vers le Samu ou « un infectiologue référent », toute personne « présentant une infection respiratoire aiguë » si elle a séjourné dans la ville de Wuhan dans les 14 jours précédents la date de début des signes cliniques ou eu un contact étroit avec une personne tombée malade dans cette ville.