24 janvier 2020

Tout s'explique

Une étude d’impact de la réforme des retraites

Que dit l’étude d’impact de la réforme des retraites ?

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et le secrétaire d’État chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski, ont présenté aujourd’hui le projet de loi de réforme des retraites en Conseil des ministres. Une étude d’impact de la réforme accompagne le texte. L’âge d’équilibre, permettant de bénéficier d’une retraite sans décote, ne sera fixé qu’à l’entrée en vigueur de la réforme. L’étude d’impact l’établit cependant « par défaut et à titre conventionnel » à 65 ans pour la génération 1975, c’est-à-dire la première à laquelle doit s’appliquer le nouveau régime. Selon cette étude, environ 20 % des personnes concernées par le nouveau système partiraient plus tard à la retraite et environ 30 % partiraient plus tôt. Pour la génération née en 1980, l’écart de pension entre les 10 % des retraités les plus aisés et les plus modestes doit se réduire. Les premiers auraient une pension 5,1 fois plus élevée que les seconds, contre 7,1 aujourd’hui.

Qui sont les principaux gagnants et perdants de la réforme ?

La réforme doit affecter les bénéficiaires des régimes spéciaux qu’elle vise à faire disparaître. Le projet de loi prévoit aussi de revaloriser le montant minimum de la pension de retraite pour lui faire atteindre progressivement 85 % du Smic pour une carrière complète, contre 81 % actuellement, ce qui sera favorable aux plus modestes. Pour le calcul de la retraite de base, le système actuel ne prend en compte que les 25 meilleures années pour les salariés du secteur privé tandis que le système proposé par le gouvernement prévoit que les pensions soient calculées sur l’ensemble de la carrière. Il sera donc défavorable aux personnes ayant eu des carrières ascendantes et à certaines personnes aux carrières irrégulières. Néanmoins, le système actuel nécessite de cotiser un nombre minimum de trimestres pour bénéficier d’une retraite à taux plein à 62 ans. Le système prévu par la réforme supprime cette disposition qui affecte le niveau des pensions des personnes ayant travaillé sans atteindre le montant nécessaire pour valider un trimestre (1 522,5 euros en 2020).

Où en est la mobilisation ?

Une nouvelle journée interprofessionnelle de mobilisation s’est déroulée aujourd’hui en France à l’appel de l’intersyndicale composée notamment de la CGT et de FO. À Paris, la CGT a recensé entre 350 000 et 400 000 manifestants, contre 250 000 le 16 janvier. Elle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mercredi – veille de l’ouverture de la conférence de financement du système de retraites –, mais la CFE-CGC n’a pas souhaité s’associer à cet appel. « On pense qu’il faut faire une pause », a affirmé hier à l’AFP le secrétaire général de ce syndicat des cadres, Gérard Mardiné. Alors que l’Unsa-RATP avait appelé samedi à la suspension de la grève à partir du début de cette semaine, les perturbations ont repris aujourd’hui dans les transports parisiens, avec seulement trois lignes de métro sur 16 fonctionnant normalement. La SNCF a annoncé un trafic quasi normal sur les grandes lignes et sept Intercités sur 10.