28 janvier 2020

Tout s'explique

Annonce de mesures supplémentaires en faveur du bien-être animal

Qu’a annoncé le ministre de l’Agriculture ?

Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a annoncé ce matin de nouvelles mesures destinées à protéger et à améliorer le bien-être animal. Parmi elles figure l’interdiction, par décret, du broyage des poussins à partir de fin 2021, une pratique qui permet aux industriels de se débarrasser des mâles, qui ne pondent pas. Le ministère prévoit aussi d’interdire, via un arrêté, à la même échéance la castration à vif des porcelets mâles, une technique utilisée pour limiter l’apparition pendant la cuisson d’odeurs désagréables, liées à leurs hormones. Le ministère explique que ce plan vient « compléter et renforcer les mesures déjà en vigueur », notamment celles de la loi sur l’agriculture et l’alimentation de novembre 2018. Dans un communiqué publié aujourd’hui, l’association de défense des animaux L214 regrette que le plan du ministère ne prévoie pas de supprimer la dérogation permettant les abattages rituels, sans étourdissement des animaux.

Quelles mesures encadrent le bien-être animal aujourd’hui en France ?

En France, une loi adoptée en 1976 a défini trois principes fondamentaux concernant le bien-être animal : l’animal est un être sensible, qui « doit être placé dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » ; il est interdit d’exercer de mauvais traitements envers les animaux et il est interdit d’utiliser des animaux de façon abusive. Adoptée en mai 2018, la loi sur l’agriculture et l’alimentation a instauré la mise en place de responsables de la protection des animaux dans les abattoirs ainsi que « l’extension du délit de maltraitance animale en élevage aux activités de transport et d’abattage ». Cette loi interdit également la création de nouveaux bâtiments destinés à l’élevage de poules pondeuses en cage.

Comment l’Union européenne agit-elle en faveur du respect des animaux ?

Les animaux sont considérés comme des « êtres sensibles » depuis 1999 par le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Sur son site, la Commission européenne fait remonter les efforts européens en matière de bien-être animal à 1974 [PDF], avec l’adoption d’une directive obligeant les États membres à s’assurer que les animaux sont étourdis immédiatement avant d’être abattus pour leur éviter « toute souffrance inutile ». L’Union européenne a pris depuis diverses mesures en faveur du bien-être animal. Les tests sur les animaux sont ainsi interdits dans l’UE depuis 2004 pour les produits cosmétiques et depuis 2009 pour les ingrédients qui les composent.