29 janvier 2020

Tout s'explique

Le plan de paix américain pour le Proche-Orient

Que contient le plan de paix présenté par Donald Trump ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé hier soir un plan de paix pour le Proche-Orient. Aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, invité à Washington, il l’a décrit comme « une solution réaliste à deux États » (voir la carte prévue par le plan). Il reconnaît le droit aux Palestiniens de disposer de leur propre État en leur posant plusieurs conditions comme « le rejet du terrorisme sous toutes ses formes ». Le plan proclame Jérusalem comme « capitale indivisible d’Israël » et donne à l’État hébreu le droit d’annexer ses colonies en Cisjordanie, considérées comme illégales par l’ONU. Il prévoit que l’État palestinien établisse sa capitale dans la partie située dans l’est ou le nord de Jérusalem-Est, derrière la « barrière de sécurité » érigée par Israël au début des années 2000 et donc hors de la vieille ville.

Quelles critiques a-t-il reçues ?

Le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a rejeté le plan de paix américain, jugeant « impossible pour n’importe quel enfant arabe ou palestinien d’accepter de ne pas avoir Jérusalem » comme capitale. Khalil al-Hayya, l’un des responsables du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a déclaré à l’AFP que son mouvement n’accepterait pas « de substitut à Jérusalem comme la capitale de l’État de Palestine ». Pour l’ONG israélienne B’Tselem, les propositions américaines sont un fromage à trous, où le « fromage serait offert aux Israéliens et les trous aux Palestiniens ». Le Hezbollah, un parti politique islamiste chiite libanais disposant d’une organisation militaire, a affirmé que « ce plan visait à se débarrasser du droit au retour », faisant référence aux millions de réfugiés palestiniens qui ont fui dans les pays arabes voisins pendant la guerre israélo-arabe de 1948 et à leurs descendants. Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que son pays « apprécie les efforts de l’administration du président Trump d’œuvrer pour un plan de paix complet entre les parties palestinienne et israélienne ».

En quoi consiste la solution à deux États de l’ONU ?

En réponse à la présentation du plan de paix américain, le secrétariat général des Nations unies a déclaré hier soir que l’ONU continuait à promouvoir une solution à deux États permettant à Israël et à la Palestine de « vivre côte à côte en paix et dans la sécurité avec des frontières reconnues, sur la base de celles d’avant 1967 ». Cette année est celle de la guerre des Six Jours à l’issue de laquelle Israël a conquis plusieurs territoires, dont Jérusalem-Est et une partie de la Cisjordanie (voir carte). La solution promue par l’ONU et d’autres instances, dont l’Union européenne, consiste à faire de Jérusalem la capitale des deux États, en assurant un accès de tous aux lieux de culte juifs, musulmans et chrétiens de la vieille ville.