3 février 2020

Tout s'explique

La nouvelle relation du Royaume-Uni avec l’Union européenne

Qu’a déclaré Boris Johnson aujourd’hui ?

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a prononcé aujourd’hui son premier discours depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne vendredi. Il a exposé sa vision de la future relation de son pays avec l’UE. Le dirigeant conservateur a assuré que le Royaume-Uni ne ferait « aucune concurrence déloyale, qu’elle soit commerciale, économique ou environnementale » à l’Union européenne, tout en refusant que son pays s’aligne sur les normes européennes pour obtenir un accord de libre-échange avec celle-ci. « Nous voulons un accord de libre-échange complet, semblable à celui du Canada », a-t-il déclaré, faisant référence au Ceta qui a supprimé les droits de douane sur la plupart des produits échangés entre le Canada et l’UE. Le négociateur européen Michel Barnier a prévenu aujourd’hui que l’accès aux marchés européens serait « proportionnel à l’engagement pris par les Britanniques de respecter un certain nombre de règles, que ce soit les règles d’aides d’État, environnementales, économiques et sociales ».

Qu’est-ce qui doit être négocié ?

Le Royaume-Uni et l’UE ont jusqu’au 31 décembre, date à laquelle s’achèvera la période de transition prévue par l’accord sur le Brexit, pour négocier les termes de leur future relation. Cette période peut être rallongée, mais Boris Johnson a annoncé à plusieurs reprises qu’il ne solliciterait pas de délai supplémentaire. La négociation doit porter principalement sur les échanges commerciaux entre les deux partenaires. La Commission européenne a également fait de la coopération en matière de sécurité un sujet central des négociations entre l’UE et le Royaume-Uni. Une sortie sans accord reste possible à l’issue de la période de transition. Elle conduirait à un rétablissement des droits de douane entre le Royaume-Uni et l’UE et à un contrôle des marchandises venant du Royaume-Uni pour vérifier leur conformité aux normes européennes.

Quelles sont les conséquences du Brexit sur les pêcheurs français ?

Michel Barnier a assuré ce matin qu’il n’y « aurait pas d’accord de commerce avec les Britanniques s’il n’y a pas un accord sur l’accès réciproque pour les pêcheurs » garantissant un accès aux eaux britanniques. Le ministère français de l’Agriculture a rappelé samedi dans un communiqué que l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, y compris celles de Guernesey, devait être maintenu pendant la période de transition, jusqu’au 31 décembre. Cependant, ce principe a rencontré une exception : les pêcheurs français n’ont plus accès aux zones de pêche de l’île anglo-normande de Guernesey, un territoire placé sous l’autorité de la reine d’Angleterre. Le Brexit a en effet rendu caduque la convention de Londres signée par les États membres de l’Union en 1964, autorisant la pêche dans les eaux de Guernesey.