6 février 2020

Tout s'explique

Violences sexuelles dans le patinage artistique

Que reproche la ministre des Sports à Didier Gailhaguet ?

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a de nouveau appelé aujourd’hui à la démission le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG), Didier Gailhaguet, comme elle l’avait déjà fait lundi. « C’est notre devoir à tous, en tant que président de fédération et ministère des Sports, de prendre soin des athlètes et ce monsieur ne le fait pas », a déclaré Roxana Maracineanu sur RTL. Elle met en cause Didier Gailhaguet pour avoir couvert les agissements de l’ancien entraîneur de patinage Gilles Beyer, accusé de viol par plusieurs patineuses. Le président de la FFSG a affirmé hier n’avoir « absolument pas protégé Gilles Beyer ». Il a ajouté qu’il avait « décidé de ne pas démissionner dans l’immédiat ».

De quels moyens de pression dispose le ministère ?

Si le ministère des Sports ne peut pas licencier Didier Gailhaguet, il peut en revanche retirer l’agrément et la délégation de la FFSG. L’agrément, qui signifie qu’une fédération est reconnue par l’État, lui permet de demander des subventions publiques. La délégation de service public lui octroie le droit d’organiser des championnats de France et de participer à des compétitions internationales. Roxana Maracineanu a entamé en début de semaine la procédure de retrait de la délégation de la FFSG, comme le permet le Code du sport. Si la procédure aboutissait, l’organisation de compétitions échapperait à la FFSG et dépendrait à titre provisoire du Comité national olympique français. La ministre a dit lundi se réserver le droit de retirer l’agrément de la fédération au terme d’une mission d’inspection générale lancée cette semaine à la FFSG.

Quel est le dispositif actuel pour repérer les agresseurs sexuels dans le sport ?

Un article du Code du sport spécifie qu’il est interdit d’exercer la fonction d’éducateur sportif aux personnes condamnées pour divers crimes et délits, dont les agressions sexuelles et les viols. Les éducateurs professionnels doivent fournir un extrait de leur casier judiciaire. Les éducateurs bénévoles ne sont en revanche pas soumis à une telle obligation. Or, si le ministère des Sports recensait 149 239 éducateurs sportifs professionnels en 2018, le Comité national olympique et sportif français, qui représente le mouvement sportif auprès des pouvoirs publics, dénombre environ 3 millions de bénévoles. Depuis octobre, la ligue de football Centre-Val de Loire expérimente la transmission systématique des identités de tous les éducateurs, bénévoles compris, au ministère de la Justice, qui lui signale alors les personnes condamnées.