7 février 2020

Tout s'explique

Sept entreprises épinglées pour discrimination à l’embauche

Quels sont les résultats de l’enquête commandée par le gouvernement ?

Le gouvernement a rendu public aujourd’hui le nom de sept entreprises françaises, dont Air France, Renault et Accor, faisant l’objet d’une « présomption de discrimination à l’embauche ». Cette mise en cause se base sur une enquête qu’il avait lui-même commandée à des chercheurs de l’Université Paris-Est Créteil, pour évaluer les discriminations à l’encontre des personnes avec un nom d’origine maghrébine. Suivant une méthode appelée « testing », les chercheurs ont envoyé 10 349 candidatures ou demandes d’information, en changeant le nom ou le lieu de résidence, à 40 grandes entreprises. Les chercheurs affirment qu’un candidat dont le nom a une consonance maghrébine a 25 % de chances en moins d’obtenir une réponse. Les chercheurs ont aussi constaté une discrimination « plus faiblement significative » liée au lieu de résidence.

Quelles limites ont été mises en avant ?

Le gouvernement a publié les résultats en signalant les « limites » de la méthodologie utilisée. Il souligne que les entreprises lui ont signalé que les candidatures fictives envoyées par les chercheurs sont « peu ou plus représentatives » de leur mode de recrutement. Air France et Renault ont expliqué qu’ils possédaient un site internet destiné aux offres d’emplois et que l’étude s’était basée sur l’envoi de candidatures en dehors de ce canal de recrutement. D’après le gouvernement, les chercheurs ont aussi testé des postes qui ne correspondaient pas toujours au cœur de métier des entreprises. Le gouvernement précise cependant que ces limites ne doivent pas « occulter la conclusion générale » de l’étude sur l’existence des discriminations à l’embauche. Il annonce « une seconde vague de testing corrigeant les biais méthodologiques de la première vague ».

Quelle est l’ampleur des discriminations en France ?

33 % des personnes qui se pensent perçues comme non blanches déclarent avoir déjà été confrontées à des propos ou des comportements racistes au travail, selon le baromètre de la perception des discriminations dans l’emploi publié en 2018 par le Défenseur des droits, une autorité administrative indépendante. L’association SOS Racisme a publié en mai les résultats d’une enquête sur les discriminations raciales dans l’accès au logement réalisée avec la méthode du testing. Selon elle, une personne d’origine maghrébine a 50 % de chances en moins qu’une personne « d’origine française ancienne » d’obtenir un logement grâce à une plateforme de mise en relation entre particuliers. Une personne originaire d’Afrique subsaharienne a 55 % de chances en moins.