11 février 2020

Tout s'explique

Le gouvernement s’engage pour une « vie digne » des personnes handicapées

Quelles mesures Emmanuel Macron a-t-il annoncées concernant le handicap ?

L’Élysée a accueilli aujourd’hui la cinquième Conférence nationale du handicap, un rendez-vous prévu tous les trois ans depuis une loi de 2005. Emmanuel Macron a souhaité que « plus aucun enfant » ne soit « sans solution de scolarisation à la rentrée de septembre » et que d’ici 2021, aucune personne handicapée « ne soit laissée seule dans la recherche de sa solution ». Il a ainsi promis la mise en place d’un numéro de téléphone national, le 360, permettant de joindre une équipe chargée de trouver des solutions d’accompagnement personnalisées. Emmanuel Macron entend également fournir une aide « humaine » et « technique » pour que les personnes en situation de handicap ne renoncent pas à devenir père ou mère. 12 millions de personnes sont en situation de handicap aujourd’hui en France, selon le gouvernement.

Comment les enfants handicapés sont-ils scolarisés aujourd’hui ?

Une loi de 2005 prévoit que tous les enfants en situation de handicap puissent, « chaque fois que possible », avoir accès à une « formation en milieu scolaire ordinaire ». Leur scolarisation peut ainsi avoir lieu dans une classe ordinaire, avec un accompagnement éventuel, mais aussi dans une classe spécialisée implantée dans un établissement scolaire ordinaire ou à défaut dans un établissement spécialisé. Plus de 361 500 enfants en situation de handicap sont actuellement scolarisés, contre 118 000 en 2006, selon le ministère de l’Éducation nationale. Le nombre d’élèves bénéficiant d’un accompagnement est passé de 26 000 en 2005 à 166 000 en 2018. L’accompagnement est assuré par des professionnels appelés AESH, dont le nombre actuel – environ 90 000 – ne permet cependant pas de répondre à toutes les demandes. Emmanuel Macron a déclaré vouloir recruter 11 500 AESH supplémentaires d’ici 2022.

Comment les personnes handicapées sont-elles intégrées dans le monde du travail ?

Le taux de chômage des personnes handicapées atteint 18 %, selon le secrétariat d’État chargé des Personnes handicapées, soit le double de la moyenne nationale. Une loi de 1987 a mis en place une obligation d’emploi des travailleurs handicapés, obligeant toute entreprise d’au moins 20 salariés à employer des personnes handicapées dans une proportion de 6 % de son effectif salarié. Selon la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail, le secteur privé comptait ainsi 3,5 % de travailleurs en situation de handicap en 2017. L’employeur a la possibilité de ne pas respecter cette obligation d’emploi, à condition de verser une contribution annuelle à des organismes d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Pour leur garantir un minimum de ressources, il existe depuis 1975 une allocation aux adultes handicapés, une aide financière attribuée en fonction de critères d’incapacité, d’âge et de revenus.