12 février 2020

Tout s'explique

Des signes de ralentissement pour l’épidémie de coronavirus

Comment évolue l’épidémie actuelle de coronavirus ?

La Commission nationale de la santé chinoise, l’équivalent du ministère de la Santé, a annoncé ce matin que l’épidémie de coronavirus apparue dans le pays en décembre avait fait 1 113 morts. Pour la première fois depuis le début des bilans quotidiens, le 21 janvier, le nombre de nouveaux décès est en recul significatif : 97 morts contre 108 la veille. Le nombre de cas quotidiens de contamination est également en baisse. 2 015 nouveaux cas ont été annoncés ce matin alors qu’ils étaient régulièrement plus de 3 000 la semaine dernière. « Nous ne pouvons pas encore affirmer que les mesures drastiques mises en place par les Chinois ont permis d’endiguer la propagation du virus, a cependant déclaré à L’Express Simon Cauchemez, directeur de recherche à l’Institut Pasteur, spécialisé dans les maladies infectieuses. Peut-être que le virus circule déjà à bas bruit dans d’autres endroits du monde. »

Comment les malades sont-ils traités ?

« Il n’existe pas de traitement spécifique » disponible pour le coronavirus, baptisé depuis hier Covid-19, explique sur son site Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé. « Le traitement est essentiellement symptomatique », précise-t-il. Cela signifie que les soins portent sur les symptômes, mais pas sur la cause. Les symptômes sont des troubles respiratoires, de la fièvre, voire une pneumonie ou une insuffisance rénale, précise sur son site l’Organisation mondiale de la santé, une agence de l’ONU. En France, 11 cas de contamination ont été confirmés. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui a annoncé les cinq cas les plus récents samedi, a précisé qu’ils ne présentaient « aucun signe de gravité ». Une division de l’université américaine Johns Hopkins qui rassemble les cas communiqués par les autorités des différents pays touchés note que 5 123 personnes sont considérées guéries parmi les 45 000 cas déclarés.

Pourquoi les autorités chinoises sont-elles critiquées ?

Deux citoyens chinois, Chen Qiushi et Fang Bin, qui diffusaient sur les réseaux sociaux des informations sur les difficultés des hôpitaux chinois à faire face à l’épidémie n’ont plus donné signe de vie depuis la semaine dernière. « La volonté marquée des autorités chinoises de contrôler les informations et de museler toute couverture négative se traduit par la censure d’informations parfois légitimes sur le virus », notait déjà la semaine dernière l’ONG de défense des droits humains Amnesty International. Li Wenliang, un ophtalmologue de 34 ans travaillant à Wuhan, la ville d’où est partie l’épidémie, et sept autres médecins avaient été convoqués par la police et accusés début janvier d’avoir « répandu des rumeurs » après avoir alerté sur les premiers cas de coronavirus. Lui-même contaminé, Li Wenliang est décédé vendredi.