17 février 2020

Tout s’explique

Le nouveau ministre de la Santé face à la crise de l’hôpital

Qui est le nouveau ministre de la Santé ?

Emmanuel Macron a nommé hier Olivier Véran ministre de la Santé. Ce neurologue devenu député de l’Isère (PS de 2012 à 2015, puis LREM depuis 2017) remplace Agnès Buzyn, désignée hier candidate à la mairie de Paris en remplacement de Benjamin Griveaux. Olivier Véran récupère trois importants dossiers : l’épidémie de coronavirus, la réforme des retraites et la crise de l’hôpital. Depuis janvier, il était l’un des rapporteurs du projet de loi sur la réforme des retraites. Nommé ministre, il est désormais chargé d’appliquer le « plan d’urgence pour l’hôpital » présenté par Agnès Buzyn en novembre et de renouer le dialogue avec le personnel hospitalier. Il a annoncé aujourd’hui qu’il lancerait dans les prochains jours « une enquête nationale sur le mal-être des soignants ».

Que réclament les soignants dans les hôpitaux ?

Le Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) a appelé une nouvelle fois vendredi le personnel des hôpitaux français à faire grève et à manifester. En mars 2019, les agents de l’hôpital Saint-Antoine à Paris ont été les premiers à se mobiliser, après une série d’agressions contre des soignants. La contestation de la pénibilité des conditions de travail et du manque de moyens de l’hôpital public s’est ensuite étendue en France. En novembre, le gouvernement a présenté un « plan d’urgence pour l’hôpital » prévoyant la reprise par l’État de près d’un tiers de la dette des hôpitaux sur trois ans et l’octroi de primes pour certains professionnels. Après le remplacement d’Agnès Buzyn, le CIH a de nouveau réclamé davantage de personnel, des lits supplémentaires, une hausse immédiate des salaires et la fin des économies pour l’année 2020.

Comment se situent les hôpitaux français par rapport aux autres pays ?

En 2017, la France a consacré 3,4 % de son PIB au financement des hôpitaux, d’après Eurostat, le service de statistiques de l’UE. C’est plus que l’Allemagne (2,7 %), mais moins que le Danemark (6 %). La moyenne européenne est de 3,2 %. La France doit cependant faire face à une pénurie de médecins, qui explique en partie la surfréquentation des services d’urgence. En 2019, la France comptait 3,2 médecins pour 1 000 habitants, selon l’OCDE, une organisation qui réunit 36 pays parmi les plus développés au monde. C’est en dessous de la moyenne de l’OCDE qui est de 3,5 médecins pour 1 000 habitants. Le Danemark et l’Allemagne comptent respectivement 4 et 4,3 médecins pour 1 000 habitants. Au Danemark, les patients doivent appeler un numéro spécial avant de se rendre aux urgences et peuvent se voir redirigés vers un médecin généraliste.