19 février 2020

Tout s'explique

Les annonces d’Emmanuel Macron contre le « séparatisme islamiste »

Qu’a annoncé Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron a annoncé hier une série de mesures pour lutter contre le « séparatisme » qu’il a défini comme la volonté « au nom d’une religion ou d’une appartenance » de « se séparer de la République », c’est-à-dire de « ne plus en respecter les lois ». Visant plus particulièrement le « séparatisme islamiste », il a déclaré qu’une future loi devrait permettre de « mieux contrôler les financements étrangers des lieux de culte ». Il a annoncé la fin progressive de l’envoi en France d’imams « détachés » par l’Algérie, le Maroc et la Turquie et a privilégié la solution de « former des imams en France pour qu’ils puissent maîtriser la langue et les lois de la République ». Emmanuel Macron a déclaré qu’il serait mis fin à la rentrée 2020 aux enseignements de langue et de culture d’origine (Elco), un programme destiné aux enfants issus de l’immigration.

Comment fonctionnent les Elco ?

Mis en œuvre via des accords bilatéraux s’appuyant sur une directive européenne de 1977, les Elco apprennent aux enfants d’origine étrangère leur langue maternelle et la culture du pays dont ils sont issus. Ce dispositif concerne neuf pays : l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie. Dispensés dans les établissements scolaires, les cours sont donnés par des enseignants originaires des pays concernés mis à disposition par leurs gouvernements respectifs ou recrutés en France par les autorités consulaires. Emmanuel Macron a déclaré qu’un accord avait été trouvé avec les pays partenaires, sauf la Turquie, pour remplacer ces Elco, qui concernent selon lui 80 000 élèves par an, par un dispositif dont les enseignants et le programme seront contrôlés.

Où sont formés les imams en France ?

Comme l’a rappelé le chef de l’État, en raison de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, « l’État français ne peut pas former, contrôler, désigner des imams sur le territoire de la République ». Mais il a précisé qu’il pouvait demander au Conseil français du culte musulman, une union d’associations gestionnaires de lieux de culte musulman, « de s’organiser, de former et de certifier celles et ceux qui prêchent au nom de l’islam en France ». La formation des imams est principalement assurée par deux organismes, dont l’institut théologique de la Grande Mosquée de Paris, inauguré en 1993. Le nombre d’imams formés reste insuffisant et les plus de 2 000 mosquées de France font appel à environ 300 imams détachés, selon Emmanuel Macron.