20 février 2020

C'est leur avis

Le terme « séparatisme islamiste » ne reflète pas la réalité

Emmanuel Macron a annoncé mardi des mesures pour lutter contre le « séparatisme islamiste » qu’il a défini comme la volonté « au nom d’une religion » de ne plus « respecter les lois » de la République. Dans Le Monde, l’islamologue Rachid Benzine s’interroge sur le choix de ce terme [€].

« Les Frères musulmans ne promeuvent pas une séparation d’avec la société, mais une islamisation – selon leur conception particulière – de plus en plus importante de cette société. […] Il existe, par ailleurs, une puissance des mots. Nommer, c’est désigner… mais c’est aussi faire exister. […] Jusque-là on parlait dans notre pays de “séparatisme breton”, de “séparatisme basque”, de “séparatisme corse”, c’est-à-dire de mouvements plus ou moins populaires agissant pour une sécession à la fois territoriale, politique et culturelle avec la “République une et indivisible”. En introduisant cette nouvelle terminologie, ne prend-on pas le risque que celle-ci soit, de fait, intégrée par des groupes de la population musulmane qui sont de plus en plus en rupture avec notre société du fait des influences idéologiques reçues, mais aussi en raison des discriminations subies ? » Rachid Benzine