21 février 2020

Tout s'explique

La mise à l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim

Pourquoi fermer la centrale maintenant ?

Le réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit être mis à l’arrêt cette nuit, a confirmé un décret publié mercredi au Journal officiel. Le second réacteur de la centrale sera arrêté le 30 juin. Mise en service en 1977, la centrale nucléaire de Fessenheim est la plus ancienne de France en activité. La décision du gouvernement s’inscrit dans le cadre du projet du gouvernement de réduire la part du nucléaire de 75 à 50 % de la production d’électricité du pays d’ici 2035. Pour atteindre cet objectif, 12 des 58 réacteurs du parc nucléaire doivent être fermés d’ici cette date. En 2007, l’Autorité de sûreté nucléaire, une organisation indépendante qui agit au nom de l’État, a dénoncé un manque de « rigueur » d’EDF dans l’application des règles d’exploitation de la centrale. EDF estime que les travaux de démantèlement de la centrale dureront 20 ans.

Quelles sont les conséquences immédiates sur le territoire ?

1 900 emplois directs ou indirects et les revenus de 5 000 personnes dépendent de la centrale nucléaire de Fessenheim, selon une étude de l’institut national de statistiques Insee publiée en juillet 2014. Le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger, opposé à la fermeture, a dénoncé mardi « l’abandon du territoire » par l’État. La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a assuré mercredi sur RMC qu’il n’y aurait « aucune perte d’emploi » grâce au reclassement des salariés et à la mise en place d’un accompagnement, dont elle n’a pas précisé la forme, pour les sous-traitants et commerçants. D’autre part, EDF cessera en 2021 de verser environ 6 millions d’euros d’impôts par an à Fessenheim et à sa communauté de communes.

Quel est le poids de l’énergie nucléaire en France ?

La France compte 58 réacteurs nucléaires répartis sur 19 sites. Elle possède ainsi le parc le plus important du monde proportionnellement à sa population. 71,6 % de la production française d’électricité était d’origine nucléaire en 2017, selon EDF. L’énergie nucléaire représente 41,1 % de la consommation d’énergie primaire en France, c’est-à-dire de la demande totale d’énergie du pays. En 2007, EDF a lancé la construction du premier EPR français, un réacteur pressurisé extrêmement puissant, à Flamanville (Manche). La fin des travaux était prévue pour 2012, mais EDF la fixe désormais à 2022, en raison de multiples reports liés en particulier à des anomalies de fabrication. Un rapport commandé par l’État et publié en octobre affirme que la France subit une « perte de compétences généralisées » dans l’industrie nucléaire car aucun chantier n’a été lancé en Europe pendant près de 20 ans.