26 février 2020

Tout s'explique

Des ministres réclament l’arrêt des hostilités en Syrie

Pourquoi plusieurs ministres européens demandent-ils la fin des hostilités ?

14 ministres des Affaires étrangères de pays membres de l’UE, dont la France et l’Allemagne, ont publié aujourd’hui dans Le Monde une tribune réclamant la « cessation immédiate des hostilités » dans le nord-ouest de la Syrie, en particulier dans la province d’Idleb. « À Idleb se joue une nouvelle catastrophe humanitaire, l’une des pires d’une crise syrienne qui, en près d’une décennie, en a provoqué d’innombrables », écrivent les ministres. 900 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont été déplacées dans le nord-ouest de la Syrie depuis le 1er décembre, a déclaré la semaine dernière le responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Il a souligné que ces civils faisaient en outre face à un hiver rude. Fuyant vers la frontière turque, ils se retrouvent pour la plupart dans des camps de réfugiés, comme celui d’Atmeh, où vivent plusieurs centaines de milliers de personnes (voir une vidéo).

Où en est l’offensive des troupes syriennes sur Idleb ?

Soutenue par l’aviation russe, l’armée syrienne a lancé début décembre une offensive pour reprendre les dernières zones sous contrôle de combattants rebelles et de djihadistes (voir la carte). Les forces syriennes ont repris plusieurs dizaines de villages à proximité de la ville d’Alep – reconquise par l’armée syrienne dès 2016 – la protégeant ainsi des tirs d’obus des combattants antirégime, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une organisation basée au Royaume-Uni disposant d’informateurs sur le terrain. L’armée syrienne poursuit sa reconquête de la région d’Idleb et a repris le contrôle de 30 localités depuis lundi, selon l’OSDH. La région compte environ 30 000 combattants rebelles, soutenus par la Turquie, et plus de 20 000 djihadistes, selon l’OSDH. Ces derniers jours, ils ont réussi à reprendre plusieurs localités perdues au début du mois.

Quel rôle joue la Turquie en Syrie ?

« Nous ne ferons pas le moindre pas en arrière », a déclaré aujourd’hui le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ajoutant vouloir repousser le régime syrien au-delà de la zone démilitarisée de 15 à 20 kilomètres autour d’Idleb déterminée par un accord entre la Turquie et la Russie signé en septembre 2018. La Turquie, qui a déployé des militaires pour faire respecter cet accord, a vu 16 de ses soldats se faire tuer en un mois dans la région d’Idleb, selon le ministère turc de la Défense. La Turquie, qui avait mené ses premières frappes en Syrie en juillet 2015 dans le cadre de la coalition internationale antidjihadiste contre le groupe État islamique, est également intervenue en Syrie à partir de 2018 pour lutter contre la présence de combattants kurdes – qu’elle qualifie de « terroristes » – près de sa frontière.