28 février 2020

Tout s’explique

L’impact économique du coronavirus

Où en est l’épidémie ?

La propagation du coronavirus ralentit en Chine, mais des foyers de contamination progressent dans d’autres parties du monde, notamment en Corée du Sud, en Iran et en Italie. Dans ce pays, le nombre de cas est passé de 400 à 650 entre mercredi et jeudi, dont 17 morts. Dimanche, 11 communes italiennes regroupant 50 000 habitants ont été mises en quarantaine. En France, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré hier soir que le nombre de personnes infectées était passé à 38 cas confirmés contre 18 mercredi. Plusieurs pays ont annoncé des mesures de confinement localisé (Japon, Allemagne) ou de restriction à l’entrée du territoire (Russie). La Suisse, où 15 personnes sont contaminées, a interdit aujourd’hui au moins jusqu’au 15 mars tout événement réunissant plus de 1 000 personnes. Le Salon de l’automobile de Genève, prévu du 5 au 15 mars, a ainsi été annulé.

Quel est l’impact de l’épidémie pour les entreprises ?

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré mercredi sur la chaîne Public Sénat que l’impact sur l’économie française était évalué à « 0,1 point de croissance en moins pour 2020 ». Cet impact est lié principalement au secteur du tourisme – 2,2 millions de touristes chinois ont visité la France en 2018, selon Atout France, une agence nationale – et à la rupture de chaînes d’approvisionnement du fait de la fermeture d’usines en Chine. Le groupe américain Microsoft a annoncé mercredi qu’il ne tiendrait pas ses objectifs de vente trimestriels pour certains produits à cause de retards dans la production provoqués par le coronavirus. En France, le ralentissement de la production chinoise touche notamment l’automobile et la santé. Bruno Le Maire a déploré mercredi que la majeure partie des principes actifs composant les médicaments vendus en France soient produits en Chine.

Quelles sont les conséquences boursières ?

Le CAC 40, indice de référence de la Bourse de Paris, a clôturé ce soir en baisse de plus de 3 % pour la deuxième journée consécutive. Aux États-Unis, l’indice Dow Jones a reculé de 12,2 % entre le 19 février et la clôture d’hier soir. La baisse des principaux indices boursiers reflète les craintes des investisseurs d’un recul des résultats des entreprises. Les investisseurs « craignent désormais un choc sur l’économie mondiale », explique Ritu Vohora, directrice d’investissement dans la société de gestion d’actifs M&G Investments. Une baisse des bourses n’a cependant pas un impact direct sur l’économie. Les entreprises ne subissent pas de pertes financières, mais peuvent être conduites à différer des projets d’émissions de nouvelles actions servant à financer des investissements. Les investisseurs voient la valeur latente de leur patrimoine diminuer, mais cette baisse ne se matérialise que lorsqu’ils vendent leurs actions.