6 mars 2020

Tout s'explique

L’accès aux études des jeunes des campagnes et petites villes

Quels sont les obstacles auxquels font face les jeunes des campagnes et petites villes ?

Dans un rapport remis hier au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, la présidente de l’association d’aide à l’insertion Chemins d’avenir, Salomé Berlioux, présente les difficultés d’accès aux études supérieures auxquelles sont confrontés les jeunes des campagnes et petites villes. Selon le rapport, 10 millions de moins de 20 ans vivent en zones rurales ou dans des villes de 2 000 à 25 000 habitants. L’éloignement géographique avec les grandes villes où sont organisés les salons d’orientation ou les journées portes ouvertes des établissements d’enseignement supérieur participe au déficit de renseignements dont ils pâtissent. 42 % des jeunes de 17 à 23 ans issus des zones rurales ont le sentiment de « ne pas avoir ou avoir eu suffisamment d’informations pour s’orienter », estime le rapport. C’est 10 points de plus qu’en agglomération parisienne. Le rapport souligne aussi l’autocensure de ces jeunes qui « grandissent loin des opportunités » et pour qui la mobilité a un coût souvent difficile à assumer.

Que préconise le rapport ?

Le rapport contient 25 préconisations. Il recommande que les entreprises et les services de l’État accueillent chaque année en stage 30 000 élèves de troisième des zones rurales, comme c’est déjà le cas depuis mai 2018 pour les « jeunes des quartiers ». Le rapport propose la mise en place d’un « programme national de mentorat » qui permettrait aux jeunes ruraux de bénéficier pendant leur orientation de l’accompagnement d’un parrain ou d’une marraine. Pour encourager la mobilité des jeunes, il recommande un programme expérimental qui leur permettra d’aller passer plusieurs jours chez un autre jeune du même âge, dans une autre région de France. Le rapport préconise enfin un accès au permis de conduire dès 17 ans, garant de plus d’autonomie et de mobilité dans des territoires dotés d’un faible réseau de transports en commun.

À quelles inégalités font principalement face les zones rurales ?

Le mouvement des « Gilets jaunes », apparu en octobre 2018, a attiré l’attention sur les disparités entre territoires ruraux et territoires urbains français. Les 5 % de la population les plus isolés, résidant dans 13 000 communes, parcourent un trajet d’au moins 9 minutes par voie routière pour accéder aux principaux services de la vie courante (commerces, écoles, soins), selon un rapport de la Cour des comptes [PDF] sur l’accès aux services publics dans les territoires ruraux publié en mars 2019. Dans certaines zones rurales, les habitants sont confrontés à une absence de couverture numérique qui limite leur accès à l’information et aux procédures administratives, de plus en plus dématérialisées. 15 % du territoire français ne bénéficie pas de la 4G, 6 % ne bénéficie que d’une couverture mobile limitée et 1 % est toujours en zone blanche, d’après un rapport d’information de l’Assemblée nationale publiée en octobre 2019.