9 mars 2020

Tout s'explique

La France et l’Italie face au coronavirus

Quelles mesures le gouvernement a-t-il annoncées ?

Alors que la France compte plus de 1 100 cas de contamination au coronavirus et 21 morts, selon le ministère de la Santé, le gouvernement a renforcé hier les mesures visant à enrayer l’épidémie. Tout rassemblement de plus de 1 000 personnes est désormais interdit, à l’exceptions des manifestations, des concours et des transports en commun, a annoncé le ministre de la Santé, Olivier Véran. Les écoles de l’Oise, du Haut-Rhin et d’Ajaccio en Corse, zones foyers du virus, sont fermées pour deux semaines. 300 000 élèves sont ainsi priés de rester chez eux. La mairie de Mulhouse a annoncé des mesures pour les élections municipales des 15 et 22 mars : des gants chirurgicaux et du gel hydroalcoolique seront mis à disposition des électeurs et le matériel de vote sera désinfecté entre chaque votant. Plusieurs meetings ont par ailleurs été annulés dans le pays.

Quelles mesures ont été prises en Italie ?

Premier foyer de coronavirus en Europe avec 7 375 cas et plus de 300 morts, l’Italie a pris des mesures bien plus drastiques. Depuis dimanche, 15 millions d’Italiens vivant dans le nord du pays sont placés en quarantaine. Leurs déplacements sont fortement restreints à l’intérieur de ces zones, ainsi que pour y entrer et en sortir, jusqu’au 3 avril. Le gouvernement a également ordonné la fermeture des cinémas, théâtres et discothèques dans tout le pays. L’Organisation mondiale de la santé, une agence de l’ONU, a salué des « mesures audacieuses et courageuses ». Mais ces mesures inédites risquent de ralentir l’économie, prévient sur Franceinfo l’économiste Frédéric Bizard : « On se retrouve dans la pire des situations concernant l’impact économique : vous avez une mise sous quarantaine de 15 millions de personnes, alors que ces 15 millions de personnes représentent plus de 50 % du PIB italien. »

Quelles sont les critiques faites aux autorités françaises ?

La pénurie de masques de protection pour le personnel soignant n’a « pas été anticipée », a déclaré à L’Express Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. La fermeture de certaines écoles suscite également des interrogations. Christian Chidiac, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, souligne auprès de L’Express que son efficacité n’a pas toujours été prouvée. « Certains parents, pour des facilités d’organisation, pourraient être tentés de garder les enfants de voisins ou d’amis chez eux, au risque de recréer des foyers de transmission », souligne-t-il. La mise en quarantaine de régions dans le nord de l’Italie a quant à elle donné lieu à des scènes de panique : des dizaines de personnes se sont ruées samedi soir à la gare de Milan pour fuir la région, en raison de fuites dans plusieurs médias avant l’annonce de la quarantaine.