10 mars 2020

Tout s'explique

Début du retrait des troupes américaines d’Afghanistan

Pourquoi l’armée américaine entame-t-elle son retrait d’Afghanistan ?

Un porte-parole des forces armées américaines a annoncé aujourd’hui que celles-ci avaient commencé leur retrait d’Afghanistan. Ce retrait est prévu par l’accord signé le 29 février entre les États-Unis et les talibans, des combattants islamistes qui ont dirigé le pays de 1996 à 2001. L’accord prévoit que le nombre de soldats américains passe d’environ 13 000 à 8 600 dans les six prochains mois, puis que les États-Unis et leurs alliés retirent l’ensemble de leurs troupes, ainsi que « tout le personnel civil non diplomatique, les prestataires militaires privés, les formateurs, les conseillers et le personnel d’encadrement » d’ici 14 mois. Ce retrait est toutefois suspendu au respect par les talibans de plusieurs conditions, telles que l’instauration d’un cessez-le-feu et l’ouverture de négociations de paix avec le gouvernement afghan.

Depuis quand était-elle sur place ?

L’armée américaine est présente en Afghanistan depuis 2001. Les États-Unis avaient lancé une offensive dans le pays en représailles aux attentats du 11-Septembre, car c’est en Afghanistan qu’était réfugié Oussama Ben Laden, le dirigeant de l’organisation terroriste Al-Qaïda responsable des attaques. Cette offensive a mis fin au régime taliban. Les États-Unis, avec le soutien de l’ONU, ont ensuite mis en place un gouvernement de transition en 2002, dont l’autorité n’a toutefois jamais été reconnue par les talibans, qui ont continué à mener des attaques sur le sol afghan. Les États-Unis ont maintenu des troupes sur place pour soutenir et former les forces afghanes. L’année de son élection, l’ancien président Barack Obama avait promis de mettre fin à la guerre en Afghanistan. Il a retiré une partie des soldats du pays, mais a renoncé en 2015 à un retrait total.

À quelle crise institutionnelle le pays fait-il face ?

Hier, le président sortant, Ashraf Ghani, a prêté serment après avoir remporté l’élection présidentielle du 28 septembre, dont les résultats définitifs ont été annoncés le 18 février. En parallèle, le chef de l’exécutif sortant, Abdullah Abdullah, a organisé une autre cérémonie d’investiture où il s’est également déclaré président du pays. Il n’accepte pas les résultats de l’élection et dénonce des fraudes. Deux explosions ont eu lieu à proximité de ces cérémonies, dont l’une a été revendiquée par le groupe terroriste État islamique. Cette situation fragilise l’accord signé entre les États-Unis et les talibans, qui prévoyait que ceux-ci entament aujourd’hui des négociations de paix avec le gouvernement afghan. Par ailleurs, Ashraf Ghani a déclaré hier qu’il signerait aujourd’hui un décret autorisant la libération de 1 000 prisonniers talibans, au lieu des 5 000 prévus par l’accord.