12 mars 2020

Tout s'explique

Les élections municipales face à plusieurs défis

Quelles sont les conséquences de l’épidémie sur les élections ?

Le premier tour des élections municipales est prévu dimanche. Les électeurs français sont conviés à élire leurs maires et conseillers municipaux. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a adressé lundi aux maires, une circulaire visant à limiter la propagation du coronavirus dans les bureaux de vote. Il recommande notamment la mise en place d’un « point de lavage des mains » à l’entrée et à la sortie des bureaux et un aménagement de l’espace pour « limiter les situations de promiscuité prolongée ». Les isoloirs doivent être installés de manière à ce que les électeurs ne soient pas obligés de tirer les rideaux, « surfaces propices à la transmission de virus ». Interrogé par Ouest-France, le professeur agrégé de droit public Romain Rambaud assure que reporter l’élection serait « très compliqué », car cela nécessiterait l’adoption d’une loi avant vendredi et donc un consensus immédiat entre l’Assemblée nationale et le Sénat

Le parti de la majorité a-t-il investi des listes sur tout le territoire  ?

Pour ses premières élections municipales, La République en marche a investi 330 listes dans les villes de plus de 3 500 habitants (soit dans environ une ville de plus de 3 500 habitants sur 10), dont 83 aux côtés d’autres partis du centre, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Dans un tiers des départements français, il n’y a aucune liste investie par LREM. Il s’agit essentiellement de départements ruraux et ultramarins, mais les grandes villes sont aussi concernées. Dans près de la moitié des villes de plus de 120 000 habitants, LREM n’a pas investi de liste. Il y soutient parfois un candidat d’un autre parti ou sans étiquette. La direction du parti a déclaré à France Inter qu’il n’y avait selon elle « quasiment aucune différence » entre investiture et soutien et qu’il n’y avait que cinq départements dans lesquels LREM n’était présent dans aucune commune.

Que se passe-t-il pour les communes qui n’ont pas de candidat ?

Dans 106 communes, dont quatre de plus de 1 000 habitants, il n’y a aucun candidat aux élections municipales. Les mandats des conseillers municipaux sortants prennent fin à compter de la date prévue du premier tour du scrutin. Dans les villes de moins de 1 000 habitants, des candidats peuvent encore se présenter entre les deux tours. Quelle que soit la taille de la commune, en l’absence d’élection, le préfet doit en organiser dans les trois mois. En attendant, le préfet désigne une « délégation spéciale », qui remplit les fonctions du conseil municipal, en s’en tenant à la gestion des affaires courantes. Si la situation perdure, le préfet peut proposer une fusion de la commune avec une commune voisine. Le conseil municipal de cette dernière doit voter la fusion.