20 mars 2020

Tout s'explique

Pénurie de masques face à l’épidémie de coronavirus

Pourquoi y a-t-il une pénurie de masques ?

Près de 30 millions de masques chirurgicaux et de protection respiratoire FFP2 – davantage filtrants – ont été livrés depuis mardi aux pharmacies et aux établissements de soins, a déclaré hier le ministre de la Santé, Olivier Véran. De nombreux professionnels de santé ont dénoncé ces dernières semaines une pénurie de masques face à l’épidémie de Covid-19. Plusieurs syndicats de policiers ont réclamé de pouvoir en bénéficier alors qu’ils doivent contrôler depuis mardi les déplacements de la population. La France a réduit ses stocks de masques ces dernières années en comptant sur les capacités de production rapides de la Chine. En 2009, la France disposait d’un milliard de masques chirurgicaux et d’environ 700 millions de masques FFP2, selon un rapport sénatorial. L’État a ensuite décidé de déléguer la gestion de stocks de masques FFP2, périssables, aux établissements de santé, selon un autre rapport sénatorial, de 2015.

Les masques sont-ils efficaces ?

Les masques chirurgicaux servent avant tout aux personnes malades pour retenir les gouttelettes qu’elles peuvent projeter et leur évitent de propager le virus, à condition de ne pas avoir un contact trop rapproché. Pour éviter de contracter la maladie, un masque chirurgical n’est pas suffisant et le port d’un masque FFP2 est nécessaire. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, chargé de la politique de santé publique, a déclaré cette semaine qu’un autre risque lié au masque chirurgical résidait dans le fait que les gens qui en portent le réajustent souvent. Si le virus s’est déposé sur le masque, « c’est potentiellement en le manipulant qu’on se contamine », a-t-il affirmé. Beaucoup plus efficaces, les masques FFP2, qui bloquent 92 % des particules, sont réservés au personnel soignant. Une fois enlevés, ils ne doivent plus être réutilisés, selon le ministère de la Santé.

Pourquoi la production de masques dépend-elle autant de la Chine ?

La France n’est pas le seul pays à faire face à une pénurie de masques. Début février, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, une agence de l’ONU, a déclaré que la demande d’équipements de protection pour les personnes malades et les soignants était « 100 fois plus élevée que la normale ». Mi-février, un représentant de la commission chinoise chargée de la planification économique déclarait que son pays ne pouvait produire que les trois quarts des 20 millions de masques quotidiens qu’il peut fabriquer chaque jour en temps normal, tandis que plusieurs médias chinois estimaient la demande – alors essentiellement chinoise – à plus de 50 millions de masques par jour. « Les prix chinois sont si bas que le monde est allé taper à leur porte. Mais les gens n’ont pas pensé à la manière dont ils pourraient se procurer ces produits si une pandémie partait de Chine », déclarait Mike Bowen, cofondateur d’une entreprise américaine de fabrication de masques au magazine Time fin février.