25 mars 2020

Tout s’explique

Les hôpitaux face à l’afflux de malades du Covid-19

Quelle est la situation des hôpitaux dans les régions les plus touchées ?

Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui regroupe environ 40 hôpitaux pour la plupart franciliens, a déclaré ce matin sur Franceinfo que « le cap des 1 000 patients graves pris en charge dans les réanimations des hôpitaux » avait été franchi hier. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, chargé de la politique de santé publique, a annoncé hier soir que 1 100 décès avaient été enregistrés dans les hôpitaux français depuis le début de l’épidémie et que 10 176 personnes étaient hospitalisées, dont 2 516 dans un état grave. Martin Hirsch a réclamé davantage de respirateurs pour pouvoir en mettre un « face à chaque malade grave ». Il a fait appel à tous les volontaires et suggéré de réquisitionner du personnel. L’Italie et l’Espagne, où les services de santé sont débordés par l’épidémie, enregistraient hier soir 6 820 et 3 434 morts.

Pourquoi l’Île-de-France et le Grand Est sont-elles les régions les plus touchées ?

Derrière le millier de cas graves enregistrés en Île-de-France, la région la plus touchée par l’épidémie est le Grand-Est, où 595 étaient placées hier soir dans des unités de réanimation, selon l’Agence régionale de santé (ARS), chargée localement de l’application de la politique de santé publique. Si l’Île-de-France est de loin la région la plus peuplée du pays avec plus de 12 millions d’habitants, la situation du Grand Est tire son origine « d’un rassemblement évangélique qui a eu lieu dans le Haut-Rhin, avec plus de 3 000 personnes et un non-respect des mesures barrières », a déclaré la semaine dernière sur France Inter la préfète de la région, Josiane Chevalier. L’événement, organisé entre le 17 et le 24 février ne nécessitait aucune inscription, ce qui a compliqué la tâche de l’Agence régionale de santé lorsqu’elle a constaté les premiers cas et cherché à retrouver les participants.

Quelles solutions sont mises en place pour faire face à ces problèmes ?

L’ARS Grand Est a annoncé dimanche que le nombre de lits de réanimation avait été doublé ces derniers jours, en particulier grâce à la mobilisation des structures de santé privées. Pour soulager les hôpitaux de la région dépassés par l’afflux de personnes contaminées, des transferts de malades ont été effectués par avion militaire vers des régions pour l’instant moins confrontées à l’épidémie. Depuis ce week-end, plusieurs personnes ont également été transportées vers le Bade-Wurtemberg, un Land (État-région) allemand frontalier du Grand Est. Deux autres Länder ont annoncé ce week-end pouvoir accueillir des malades français. Trois cantons suisses ont également offert leur coopération dimanche. Un premier malade a été admis hier à l’hôpital militaire mis en place pour soulager l’hôpital de Mulhouse, en Alsace. Annoncé la semaine dernière par Emmanuel Macron, cet hôpital fait d’une série de tentes sur le parking de l’hôpital de Mulhouse n’héberge que 30 lits de réanimation.