26 mars 2020

Tout s'explique

L’économie française touchée par la crise

Comment le confinement affecte-t-il l’activité économique ?

L’activité économique de la France est actuellement réduite de 35 % par rapport à une situation « normale », selon les premières estimations de l’Insee, l’institut national de statistiques, dévoilées aujourd’hui. Parmi les secteurs les plus touchés, celui de la construction voit son activité réduite de 89 % et celui des services marchands de 36 %. La consommation est elle aussi en baisse de 35 %, les dépenses de transports ou d’habillement étant quasi nulles. L’Insee estime qu’un confinement d’un mois engendrerait une perte de 3 points du PIB (la production totale d’un pays) pour l’année, 6 points en cas de confinement de deux mois. Pour soutenir les entreprises en difficulté, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures, dont le report possible du paiement des cotisations sociales, des prêts bancaires garantis par l’État à hauteur de 300 milliards d’euros ou encore la simplification du dispositif de chômage partiel.

Quels secteurs sont particulièrement incités à poursuivre leur activité ?

Emmanuel Macron a appelé le 19 mars les entreprises à poursuivre leur activité autant que possible. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a mentionné dimanche sur France Inter une série de secteurs jugés essentiels par l’exécutif, comme « tout ce qui est nécessaire à l’hôpital, à l’alimentation, à l’énergie, à l’eau, aux transports ». Elle a rappelé que « ces métiers sont souvent interdépendants ». Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a expliqué au Figaro que tous ces secteurs devaient rester en activité, car « notre économie ne peut pas s’arrêter ». Or, certains salariés s’arrêtent de travailler pour pouvoir garder leurs enfants ou par crainte de contracter la maladie. Le gouvernement a trouvé samedi un accord avec des syndicats du BTP pour un ajustement des conditions de travail permettant de reprendre les chantiers qui avaient été arrêtés parce que les salariés estimaient que leur sécurité sanitaire n’était pas assurée.

Pourquoi le gouvernement a-t-il favorisé le recours au chômage partiel ?

Près de 100 000 entreprises ont fait une demande de chômage partiel depuis le début de la crise en vue de couvrir 1,2 million de salariés, a déclaré mercredi la ministre du Travail. Ce dispositif permet de façon temporaire à une entreprise de suspendre le contrat de travail de son employé et de l’indemniser, sans le licencier. Le dispositif a été amélioré financièrement pour les entreprises et simplifié par le gouvernement pour répondre à la crise économique, sur la base du modèle allemand. En Allemagne, le dispositif de chômage partiel avait été renforcé pendant la crise de 2008. Ce changement avait permis de limiter à 0,2 point la hausse du taux de chômage entre 2008 et 2009, selon l’Institut de recherches économiques et sociales, un organisme créé par plusieurs syndicats français. Aux États-Unis, où aucun dispositif de chômage partiel n’existe, 3,3 millions de personnes ont fait la semaine dernière une nouvelle demande d’allocation chômage, contre 281 000 la semaine précédente en raison des mesures de confinement et des fermetures de commerces dans certains États, selon des statistiques officielles publiées aujourd’hui.