30 mars 2020

Tout s'explique

La réponse européenne au Covid-19

Quelles sont les critiques adressées aux États européens ?

L’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors a déclaré samedi que « le manque de solidarité européenne » faisait « courir un danger mortel à l’Union européenne ». Si la politique sanitaire relève des États et non de l’UE, la réponse européenne à l’épidémie de Covid-19 a montré un certain manque de coordination. Le 13 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé la décision prise par certains États membres de fermer leurs frontières, comme la République tchèque et la Slovaquie, imitées ensuite par d’autres pays, dont le Danemark et la Pologne. Elle a estimé que ces mesures empêchaient la circulation d’équipements médicaux essentiels. Jeudi, Ursula von der Leyen a également déclaré que la Commission européenne était « intervenue lorsqu’un certain nombre de pays ont bloqué l’exportation d’équipements de protection vers l’Italie », ce qui était le cas de la France et de l’Allemagne.

De quelle solidarité les pays européens ont-ils fait preuve ?

La secrétaire d’État chargée des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a déclaré hier sur France Inter que 80 Français avaient été évacués vers des hôpitaux en Allemagne, au Luxembourg et en Suisse (qui ne fait pas partie de l’UE) pour réduire la pression sur les capacités d’accueil des établissements de soins français. La Commission européenne a annoncé le 19 mars la création d’une « réserve stratégique » d’équipement médical destinée à aider les pays de l’UE en cas de pénurie. Pour faire face aux conséquences économiques de la crise, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé le 18 mars un « plan d’urgence » de 750 milliards d’euros pour racheter des dettes publiques et privées afin de fournir des liquidités aux banques, qui s’ajoutaient à des mesures déjà prises.

Quelle est la position de l’Allemagne et des Pays-Bas sur les « corona bonds » ?

Les dirigeants de neuf pays européens, dont la France, l’Espagne et l’Italie, ont demandé mercredi au Conseil européen, la réunion des dirigeants des États membres de l’UE, la création d’un « instrument commun de dette », avec l’émission d’obligations surnommées « corona bonds ». L’objectif est de mutualiser les risques et d’emprunter à un coût moins élevé, l’UE dans son ensemble inspirant davantage confiance aux investisseurs que certains de ses États membres. Lors du sommet européen organisé jeudi par visioconférence, l’Allemagne et les Pays-Bas se sont opposés à un tel dispositif. Ils préfèrent que les États en difficulté aient recours au Mécanisme européen de stabilité (MES). Créé en 2012, il permet aux États de la zone euro de s’accorder des prêts entre eux. Le MES dispose de fonds propres, alimentés par les États membres en fonction de leur PIB, et se finance également sur les marchés financiers. Les crédits octroyés peuvent être conditionnés à des réformes à effectuer.