31 mars 2020

Tout s'explique

Les équipements français pour faire face au coronavirus

Qu’a annoncé Emmanuel Macron concernant les masques ?

En visite ce midi dans l’entreprise de fabrication de masques Kolpi-Hopen, à Saint-Barthélémy-d’Anjou (49), Emmanuel Macron a déclaré que la France serait capable de produire 15 millions de masques par semaine fin avril, tout en évaluant les besoins à au moins 40 millions par semaine. Il a appelé à « réduire notre dépendance ». Le manque de masques pour les soignants et les autres professions exposées a suscité de nombreuses critiques. Des plaintes visant des décideurs publics ont été reçues au parquet de Paris et d’autres, contre des ministres, ont été déposées devant la Cour de justice de la République. Le gouvernement a réquisitionné début mars la production des quatre principaux fabricants français jusqu’à fin mai. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé le 28 mars la commande d’un milliard de masques en Chine. Les livraisons par avion-cargo ont débuté dimanche. Le gouvernement français recensait hier soir 3 024 morts à l’hôpital.

Comment la production française de respirateurs va-t-elle être augmentée ?

Emmanuel Macron a annoncé ce midi la création d’un consortium français pour produire « 10 000 respirateurs d’ici mi-mai » afin de tripler la capacité d’accueil en réanimation, d’environ 5 000 lits début mars. Ce consortium est dirigé par Air Liquide Medical Systems, la seule entreprise fabriquant des respirateurs sur le sol français, et comprend l’équipementier électrique Schneider Electric, ainsi que l’équipementier automobile Valeo et le constructeur PSA. Air Liquide affirme avoir triplé sa capacité de production depuis mi-mars, à la suite d’une première commande de 1 000 respirateurs par le gouvernement. L’entreprise française Decathlon a par ailleurs annoncé hier qu’elle bloquait la vente d’un de ses modèles de masque de plongée pour en faire don aux hôpitaux qui le demandent. Celui-ci a en effet été utilisé en guise de respirateur grâce à une valve imprimée en 3D par plusieurs hôpitaux en Italie.

Pourquoi la France n’avait-elle pas l’équipement suffisant pour faire face à l’épidémie ?

À l’issue de l’épidémie de grippe aviaire H5N1 en 2005-2006, le gouvernement français a adopté en 2007 une loi « relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur ». Celle-ci prévoyait un stock de 285 millions de masques de filtration de type FFP2 et d’un milliard de masques chirurgicaux, ainsi que de 2 100 respirateurs. Toutefois, ces stocks ont été revus à la baisse après l’épidémie de grippe H1N1 en 2008-2009. Le gouvernement avait alors été largement critiqué pour avoir accumulé trop d’équipement par rapport à l’ampleur de la crise. Dans une tribune publiée hier par Le Monde, l’économiste de la santé Claude Le Pen déplore que la France ait alors « désarmé » son dispositif « très ambitieux contre des pandémies ». « Ce qui n’avait peut-être pas été anticipé, c’est que parfois les crises sanitaires pouvaient engendrer des crises industrielles », a expliqué le ministre de la Santé, Olivier Véran, à l’Assemblée nationale le 3 mars.