10 avril 2020

Tout s'explique

Un plan de soutien pour les États de l’UE

Qu’ont annoncé les ministres des Finances de l’UE ?

Les ministres des Finances de l’Union européenne ont trouvé un accord hier soir pour un plan de soutien aux économies des États membres d’un montant cumulé de plus de 500 milliards d’euros. Il comporte trois volets. Le premier est un dispositif de prêts aux États membres « à des conditions favorables » pour leur permettre de financer leurs dispositifs de chômage partiel. Les ministres ont ainsi accepté la proposition que leur avait faite la Commission européenne le 2 avril. Le deuxième volet consiste en des prêts de la Banque européenne d’investissement à destination des entreprises, principalement les PME. Le dernier volet, qui a nécessité le plus de discussions, prévoit que les États membres puissent faire appel au Mécanisme européen de stabilité (MES), qui permet depuis 2012 aux États de la zone euro de bénéficier de prêts à partir de fonds apportés par les États membres ou empruntés sur les marchés financiers.

Quelles sont les limites fixées à ce plan d’aide ?

L’accord trouvé par les ministres des Finances de l’UE prévoit que les pays pourront faire appel au MES dans la limite de 2 % de leur PIB (leur production de biens et services). Pour l’Italie, ce plafond représente environ 36 milliards d’euros. Le gouvernement italien a annoncé le 11 mars une enveloppe de 25 milliards d’euros (en aides et facilités de trésorerie) pour faire face à la crise du Covid-19. Le MES ne pourra couvrir, sans condition, que les dépenses de santé et de prévention liées à la crise du Covid-19, précise le rapport final des ministres européens. Sur Twitter, le ministre des Finances des Pays-Bas, Wopke Hoekstra, a estimé « juste et raisonnable » que le MES puisse aussi financer des mesures de soutien à l’économie, mais que des « conditions » s’appliquent dans ce cas. Pour chaque plan d’aide, le MES exige généralement la mise en place de réformes permettant des économies budgétaires.

Qu’est-ce que les « corona bonds » ?

La question des « corona bonds », surnom donné à de possibles emprunts mutualisés, n’a pas été tranchée par les ministres européens et a été renvoyée à un futur sommet des chefs d’État et de gouvernement. « Cela a été une très bonne première mi-temps, maintenant nous devons gagner le match », a déclaré aujourd’hui le ministre italien de l’Économie sur la chaîne de télévision Rai 1. L’Italie, avec plusieurs pays dont l’Espagne et la France, réclame la création de ces obligations européennes (« eurobonds »). Actuellement, chaque État de la zone euro émet sur le marché ses propres obligations. Pour les promoteurs des « corona bonds », l’émission de titres au nom de l’UE, et non plus de chaque pays, permettrait d’éviter que les États les plus en difficulté subissent des taux d’intérêt plus élevés. L’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche y sont hostiles, estimant que le recours au MES est suffisant pour manifester leur solidarité européenne.