16 avril 2020

Tout s'explique

Les stratégies de déconfinement en Europe

Que recommandent les instances européennes ?

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a plaidé hier pour un déconfinement « graduel » des 27 pays de l’UE. Elle pose trois conditions : la décrue significative de l’épidémie, une capacité suffisante du système hospitalier et la possibilité de tester la population. « L’approche doit être la plus coordonnée possible », a insisté Charles Michel, le président du Conseil européen, qui réunit les dirigeants des États membres de l’UE. Plusieurs États ont assoupli les mesures de confinement cette semaine, dont le Danemark et l’Autriche. En France, la levée des restrictions sera progressive à partir du 11 mai, mais le président du conseil scientifique qui conseille le gouvernement, Jean-François Delfraissy, a estimé hier lors d’une audition au Sénat que cette échéance devrait être reportée si les prérequis, comme des tests de dépistage suffisants, ne sont pas réunis. 18 millions de personnes à risque devront par ailleurs rester confinées au-delà du 11 mai, selon lui.

Quelle est la stratégie adoptée par l’Allemagne ?

La chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé hier la levée du confinement à compter du 4 mai. Des assouplissements sont cependant prévus dès le 20 avril, avec la réouverture des commerces de moins de 800 m2, sous réserve d’y appliquer les gestes barrières. Seuls les élèves en fin de cycle et devant passer des examens pourront retourner à l’école le 4 mai. Aucune échéance n’a été donnée pour les restaurants et les hôtels. La stratégie adoptée par l’Allemagne repose sur une situation sanitaire favorable, avec un taux de mortalité inférieur à celui des autres pays européens les plus peuplés : 3 254 morts dues au Covid-19 et 127 000 personnes infectées étaient dénombrées hier par l’institut de santé publique Robert-Koch. Angela Merkel a fait cette annonce après s’être entretenue hier avec les présidents des 16 Länder (États-régions) allemands. Certains réclamaient une relance économique tandis que d’autres souhaitaient un maintien des restrictions.

Qu’est-ce que le « passeport d’immunité » ?

L’institut de santé publique allemand Robert-Koch a annoncé fin mars le lancement courant avril d’une vaste étude sur le nombre de personnes immunisées contre le Covid-19, en réalisant des tests sérologiques. Il a précisé que cette donnée pourrait permettre au gouvernement de leur délivrer un « passeport d’immunité » et ainsi d’exempter les personnes immunisées des restrictions de déplacement. Cette option fait également partie d’une série de recommandations émises par la mairie de Paris la semaine dernière. Toutefois, comme l’a rappelé hier Jean-François Delfraissy, la durée réelle de l’immunité au virus après en avoir en guéri n’a pas été formellement établie par les études scientifiques. Selon une étude de l’Inserm, un établissement public, publiée le 12 avril, entre 1 % et 6 % de la population française avait été infectée par le Covid-19 au 5 avril.