16 avril 2020

C'est leur avis

L’OMS manque de pouvoir

Les représentants de plusieurs pays ont critiqué la façon dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence de l’ONU, a réagi à l’épidémie de Covid-19. Auriane Guilbaud et Stéphanie Tchiombiano, maîtresses de conférences en science politique, estiment dans Libération que l’organisation souffre surtout d’un manque de pouvoir.

« Par définition, l’OMS est une organisation intergouvernementale, avec les contraintes politiques et financières que cela suppose. Elle ne peut agir qu’en fonction des moyens et des pouvoirs que les 194 États qui la composent lui confèrent. En l’occurrence, ces moyens sont faibles (2 milliards d’euros en 2019) et surtout, l’OMS n’a aucun pouvoir de sanctions sur les pays qui ne respectent pas ses recommandations. […] Ce que révèle la crise actuelle, c’est donc le besoin de plus d’OMS, pas de moins. Par exemple, si l’OMS avait autorité pour se rendre dans un pays en cas d’émergence d’une maladie infectieuse, sans avoir à négocier l’entrée sur le territoire des États, cela lui éviterait d’avoir à ménager leur susceptibilité comme elle l’a certainement fait avec la Chine. » Auriane Guilbaud et Stéphanie Tchiombiano