21 avril 2020

Tout s'explique

Une reprise des cours en trois temps en France

Qu’a annoncé le ministre de l’Éducation à propos de la reprise des cours ?

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a présenté ce matin en visioconférence devant des députés les modalités pour un retour progressif à l’école à partir du 11 mai. Celui-ci se fera en trois temps. Seuls les élèves de grande section, de CP et de CM2 retourneront à l’école la semaine du 11 mai, à partir du mardi, le lundi étant réservé à une prérentrée des équipes enseignantes. Ce sera ensuite au tour des élèves de sixième, de troisième, de première et de terminale ainsi que des élèves des lycées professionnels la semaine du 18 mai. La réouverture de l’ensemble des classes est prévue le 25 mai. La présence en classe sera limitée à 15 élèves, en respectant les gestes barrières. Concrètement, il pourra y avoir un demi-groupe présent et un demi-groupe à distance, un demi-groupe en autonomie à l’étude ou un demi-groupe effectuant des activités sportives ou culturelles. Il s’agit de « grands principes », mais il y aura « beaucoup de souplesse locale », a insisté le ministre.

Quel modèle le Danemark a-t-il suivi pour rouvrir ses écoles ?

Le Danemark est le premier pays européen à avoir instauré une reprise des cours progressive après une période de confinement. Le pays a autorisé la réouverture le 15 avril des crèches et des écoles primaires à condition de mettre en place des règles d’hygiène et de distanciation sociale. Tous les élèves doivent se laver les mains en arrivant dans ces établissements, puis au moins toutes les deux heures. Les élèves doivent évoluer par groupes de cinq individus maximum lors des activités et des pauses. En classe, les tables doivent être espacées d’au moins deux mètres. Les activités doivent être assurées au maximum en extérieur. Toutes les surfaces et les jouets doivent être désinfectés au moins deux fois par jour. Si un quelconque symptôme apparaît chez un enfant, il doit rester chez lui. Le Danemark prévoit la réouverture des collèges et des lycées à partir du 10 mai.

En quoi le confinement accentue-t-il les inégalités ?

Trop d’enfants « sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents », avait déclaré la semaine dernière Emmanuel Macron lorsqu’il a annoncé la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai. Jean-Michel Blanquer a affirmé aujourd’hui que 4 % des 12 millions d’élèves français ne suivent pas les cours à distance, contre 8 % au début du confinement. Cette proportion a été réduite grâce à la multiplication des contacts avec les familles et à la distribution de matériel informatique par des collectivités locales et des associations. Dans un article publié fin mars sur le site The Conversation, Céline Darnon, professeure de psychologie sociale, affirmait en citant plusieurs études que le confinement pouvait rapidement accentuer « un écart dans les performances scolaires des enfants de milieux favorisés et défavorisés », en raison des difficultés d’accompagnement de la part des parents, du manque d’espace dans les logements et de la fracture numérique.