24 avril 2020

Tout s'explique

Des masques en tissu en vue de la sortie du confinement

Comment le gouvernement prévoit-il de rendre accessibles des masques « grand public » ?

Le gouvernement a prévu de tester à partir du 4 mai différents « canaux de distribution » de masques « grand public » pour les Français désirant s’équiper en vue de la sortie du confinement, à partir du 11 mai, a déclaré aujourd’hui aux Échos Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie. L’exécutif étudie plusieurs hypothèses pour distribuer ces masques en textile lavables, comme les pharmacies, les mairies, la grande distribution, les buralistes et des sites internet. Agnès Pannier-Runacher a précisé que l’approvisionnement en masques « grand public » devrait dépasser 25 millions par semaine fin avril en s’appuyant sur la production française et des importations du Maghreb, du Portugal et d’Europe de l’Est. Elle a exclu un encadrement des prix, contrairement à ce qui a été fait pour le gel hydroalcoolique, car les masques en textile sont très différents d’un modèle à l’autre.

Le port du masque sera-t-il obligatoire ?

Pour l’heure, l’exécutif n’a pas décidé de rendre le port du masque obligatoire. La présidence de la République a annoncé hier que son usage pourrait être imposé dans les transports. Dans un avis rendu mercredi, l’Académie nationale de médecine, une société savante, a estimé que « restreindre le port du masque dans les seuls transports en commun, c’est négliger tous les espaces publics où le risque demeure ». Elle a jugé qu’il ne fallait pas non plus attendre le 11 mai pour imposer le port du masque en public. Le gouvernement français prévoit pour le moment de réserver les masques médicaux (FFP2 et chirurgicaux) au personnel soignant. Depuis mercredi, tous les Länder (États-régions) allemands imposent le port du masque, dans l’ensemble des lieux publics pour certains, dans les transports publics seulement pour d’autres.

Les masques en tissu sont-ils efficaces ?

Dans un avis rendu le 21 mars, deux sociétés savantes, spécialisées dans la stérilisation et l’hygiène hospitalière, ont déclaré qu’il « n’existe pas de preuve scientifique de l’efficacité des masques en tissu » pour se protéger de la contamination ou en protéger les autres si on est malade. Jean-Christophe Lucet, chargé de la prévention des infections à l’hôpital Bichat, à Paris, a déclaré au Monde que lorsqu’ils étaient portés par des personnes contaminées, ils pouvaient tout de même limiter la projection de gouttelettes susceptibles de transmettre le virus. L’Association française de normalisation, dont la mission est de coordonner l’élaboration des normes nationales, a établi des recommandations pour fabriquer des masques en tissu les plus efficaces possible pour retenir les projections de particules potentiellement contaminantes.