27 avril 2020

Tout s'explique

L’efficacité des applications de traçage

Que prévoit le gouvernement pour tracer les cas contacts après le confinement ?

Le gouvernement a annoncé hier vouloir mettre en service à la sortie du confinement l’application StopCovid, qui vise à tracer les contacts des personnes diagnostiquées positives au Covid-19. « L’objectif, c’est d’être prêts le 11 mai, mais c’est un défi », a expliqué le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O, au JDD hier. L’application, développée par l’Inria, un institut de recherche public, est prévue pour fonctionner grâce au Bluetooth, une technologie qui permet à plusieurs téléphones de communiquer entre eux sans fil à courte distance. Elle doit archiver les identifiants des personnes croisées pendant une certaine durée et alerter ses utilisateurs dès que l’un de ces contacts est diagnostiqué malade. « Cette application est volontaire, anonyme, transparente et temporaire », assure Cédric O. Cette stratégie de traçage numérique fait partie du plan de déconfinement que doit présenter le Premier ministre, Édouard Philippe, demain à l’Assemblée nationale.

Qu’est-ce qui entrave le développement de l’application StopCovid ?

L’application StopCovid connaît « encore plusieurs problèmes techniques », a concédé Cédric O. Apple et Google refusent que le Bluetooth fonctionne en continu sur les smartphones qu’ils équipent lorsque l’application n’est pas ouverte, invoquant des raisons de sécurité. Or l’application développée par l’Inria nécessite un fonctionnement en continu du Bluetooth, y compris lorsque l’application est fermée. Les deux groupes américains ont proposé de fournir un socle technologique commun sur lequel les applications comme StopCovid pourraient se greffer, avec l’avantage d’accorder un accès permanent aux fonctions Bluetooth. Le gouvernement français souhaite qu’ils ne disposent pas des données concernant les utilisateurs et refuse cette approche. Il s’agit selon Cédric O de mieux protéger « les données et les libertés publiques ».

Quelles sont les limites de l’application lancée par Singapour ?

Singapour a été le premier pays à déployer, le 20 mars, une application de traçage des contacts des personnes contaminées. L’application TraceTogether a été téléchargée en un mois par 1,1 million de personnes, sur 5,7 millions d’habitants, selon le gouvernement qui a appelé la semaine dernière la population à l’adopter. Le pays avait réussi dans un premier temps à contenir la propagation du virus, mais il fait face depuis mi-avril à une forte augmentation des cas de contamination. Des chercheurs de l’université d’Oxford ont montré dans une étude parue le 31 mars qu’une application de traçage des contacts doit être installée massivement pour être efficace. « Nous estimons que près de 60 % de la population aurait besoin d’utiliser l’application pour qu’elle ait un impact significatif », a détaillé à Franceinfo Christophe Fraser, co-auteur de l’étude. Cédric O a toutefois estimé hier qu’il n’y avait « pas de seuil minimum de téléchargements nécessaires pour que cette application soit utile ».