29 avril 2020

Tout s'explique

La distanciation physique dans les transports publics

Qu’a prévu le gouvernement pour les transports à partir du 11 mai ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé hier le port obligatoire du masque dans tous les transports publics à partir du 11 mai. « Il y aura contrôle et possiblement sanction », a précisé aujourd’hui le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Édouard Philippe a expliqué vouloir d’une part « remonter au maximum l’offre de transport urbain » et d’autre part « faire baisser la demande », en maintenant le télétravail notamment, afin de limiter la fréquentation des transports et de permettre le respect de la distanciation physique. « Il faudra condamner un siège sur deux et favoriser par des marquages au sol la bonne répartition, se préparer à limiter les flux en cas d’affluence », a-t-il détaillé. Une concertation doit se tenir d’ici le 11 mai avec les opérateurs de transports dans les agglomérations afin de préparer le plan de reprise.

Comment les opérateurs envisagent-ils de faire respecter les gestes barrières ?

Catherine Guillouard, PDG de la RATP, l’établissement public francilien de transports, interrogée aujourd’hui par Challenges, a estimé que l’application de la distanciation physique serait conditionnée « à la capacité de limiter drastiquement les flux grâce à une conjonction du télétravail, du lissage des heures de pointe et d’un système de contrôle aux accès du réseau avec les forces de l’ordre si nécessaire ». La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a proposé au rectorat que les cours au collège ne débutent pas avant 9h pour éviter un afflux aux heures de pointe. La SNCF a appelé hier soir « tous les employeurs qui le peuvent à continuer le télétravail ». « Si on nous impose de mettre un mètre ou un mètre et demi entre chaque passager, avec 100 % des trains, on ne transporte que 20 % de ce qu’on transporte d’habitude », avait estimé le 15 avril le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou.

Quelles sont les mesures appliquées dans les transports à l’étranger ?

Les villes de Berlin, en Allemagne, et de Bruxelles, en Belgique, ont choisi de rendre le port du masque obligatoire dans le métro, sans contrainte de distanciation physique. À Rome et à Milan, en Italie, à partir de la levée du confinement le 4 mai, les passagers devront, comme en France, porter un masque et se tenir à distance les uns des autres. Des tests ont été menés jeudi à Rome pour gérer les flux de passagers, autorisés à entrer par groupe de 30 et toutes les trois minutes, en limitant à 150 le nombre de personnes dans chaque rame. Les correspondances étaient fermées pour éviter aux gens de se croiser. À Wuhan, d’où est partie l’épidémie de Covid-19 en Chine, outre le port du masque et la distanciation physique, les passagers doivent scanner à l’entrée des transports un QR code, qui atteste qu’ils ne présentent aucun symptôme, et peuvent être soumis à une prise de température.