30 avril 2020

Tout s'explique

Les professionnels de la culture en difficulté

Que demandent les professionnels du monde de la culture?

Dans une tribune publiée aujourd’hui dans le journal Le Monde, plus de 300 personnalités du monde de la culture demandent au ministère de la Culture « un plan précis » et « dans les plus brefs délais », pour aider le secteur, fragilisé par le confinement. Le texte dénonce le silence du ministre de la Culture, Franck Riester, et son manque de réponses concernant la réouverture des lieux de culture, la reprise des tournages et des répétitions. Le collectif affirme que le secteur culturel « fait vivre 1,3 million de personnes » qui restent ainsi dans l’incertitude. Le 19 mars, le gouvernement avait annoncé une mesure permettant le maintien des droits des intermittents du spectacle pendant la durée du confinement. Pour aider les intermittents, le collectif réclame la prolongation de leurs droits d’un an après la fin de l’interdiction des événements et tournages pour lesquels ils travaillent.

Comment fonctionne le régime d’intermittent du spectacle ?

Les artistes et les techniciens des secteurs du spectacle, du cinéma ou de l’audiovisuel, alternent entre des périodes de travail, au moment des tournages ou des représentations, et des périodes non travaillées. Le régime d’intermittent du spectacle leur permet d’être indemnisés par l’assurance chômage entre deux périodes d’activité. Pour y avoir accès, ils doivent justifier d’un minimum de 507 heures de travail en une année. Pôle emploi calcule une allocation journalière à partir des salaires et des heures travaillées. Pendant un an, le bénéficiaire reçoit son allocation chaque jour non travaillé. S’il n’effectue pas le quota horaire annuel, il perd ses droits.

Quelle importance représentent les festivals d’été ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a déclaré mardi que tous les rassemblements de plus de 5 000 personnes resteraient interdits jusqu’en septembre, empêchant ainsi l’organisation de la plupart des festivals d’été. Le Centre national de la musique, un établissement public dont la mission est de soutenir le secteur, a estimé mi-avril auprès des Échos que les pertes de recettes des salles et des festivals atteindraient un milliard d’euros entre mi-mars et fin mai. Interrogé par Le Monde, Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS et spécialiste des festivals, estime qu’il y a en France près de 6 000 festivals, « dont plus de la moitié dans le domaine musical » et que « bien plus de la moitié » étaient programmés entre le 16 mars et fin août. Le Prodiss, syndicat du spectacle musical et de variété, a déclaré le 16 avril que ce secteur représentait « près de 5 milliards de chiffre d’affaires et 135 000 emplois faisant vivre le tissu économique de nombreux territoires ».