6 mai 2020

Tout s'explique

Le décrochage scolaire pendant le confinement

Quelles craintes l’exécutif a-t-il exprimées au sujet du décrochage scolaire ?

Emmanuel Macron a justifié hier la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai par la nécessité de permettre aux élèves en situation de décrochage scolaire de reprendre les cours. « Mon objectif, c’est que tous les enfants qui ont besoin de revenir à l’école parce qu’ils sont décrocheurs, parce qu’ils sont dans des familles qui n’arrivent pas bien à les aider, parce que l’enseignement à distance n’est pas adapté, parce que les parents doivent retravailler, puissent trouver une école ouverte », a-t-il déclaré lors d’un déplacement dans une école à Poissy (Yvelines). De nombreux maires ont exprimé leurs réticences à rouvrir les écoles le 11 mai, faute de pouvoir y faire respecter les gestes barrières. Lundi, le Premier ministre, Édouard Philippe, avait assuré au Sénat que la fermeture des écoles était « une catastrophe pour les plus vulnérables » et que le décrochage scolaire était « probablement une bombe à retardement ».

Qui sont les élèves qui ont décroché pendant le confinement ?

Selon le ministère de l’Éducation nationale, 4 % des 12 millions d’élèves scolarisés en France ne suivent pas les cours à distance. La situation est disparate. En outre-mer, ce taux se situe « entre 15 % et 25 % », a affirmé le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le 21 avril. « Les décrocheurs se trouvent surtout dans les milieux défavorisés », précise le ministère, contacté par Brief.me. Le décrochage concerne également l’enseignement supérieur. Le président de l’université de Poitiers, Yves Jean, a rapporté hier que 30 % des étudiants en première année de licence ne se connectaient plus aux cours en ligne depuis le 17 mars. « Nous sommes dans une académie rurale avec des zones blanches où les étudiants n’ont pas accès à Internet », souligne Yves Jean à France Bleu, en ajoutant que le confinement n’a fait qu’« accentuer les inégalités sociales ».

Quelles sont les mesures mises en place pour lutter contre le décrochage scolaire ?

8,9 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans ont cessé leurs études sans diplôme ou avec seulement le diplôme du brevet et ne suivaient plus de formation en 2018, selon un rapport du ministère de l’Éducation nationale publié en novembre 2019. Ce taux d’élèves décrocheurs est en baisse de 2,4 points par rapport à 2010, selon le ministère, qui a mis en place cette année-là de premières mesures pour lutter contre le décrochage scolaire en identifiant les élèves décrocheurs et en leur proposant un retour en formation ou une insertion professionnelle. À partir de 2014, un plan d’actions interministériel a renforcé les mesures existantes et proposé un accompagnement aux familles et des bourses pour les décrocheurs de 16 à 18 ans. Depuis 2016, tout jeune ayant échoué à l’examen du baccalauréat général ou professionnel est assuré de retrouver une place dans son établissement pour repasser l’examen, en conservant alors les notes égales ou supérieures à 10 obtenues l’année précédente.