7 mai 2020

Tout s'explique

Le gouvernement détaille la carte du déconfinement

En quoi le déconfinement diffère-t-il entre les départements rouges et verts ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé aujourd’hui que « la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai ». Seul le département de Mayotte, classé rouge, restera confiné. L’ensemble des départements des régions Île-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté sont classés en « rouge ». Dans ces départements, le déconfinement progressif sera moins large que dans les départements « verts » : les parcs et les jardins resteront fermés et les collèges ne rouvriront pas. Le gouvernement ne prévoit pas d’assouplissement du confinement dans les Ehpad et annonce une prime pour tout le personnel de ces établissements. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a précisé que « les territoires seront dans leur totalité en capacité de tester largement » à partir de lundi. Le gouvernement prévoit de faire un prochain point d’étape du déconfinement fin mai.

Comment se justifie le classement de plusieurs régions en rouge ?

Le classement en rouge de cinq régions est principalement dû à la tension sur les capacités de réanimation en milieu hospitalier. Le taux d’occupation des lits de réanimation est en effet supérieur à 80 % dans les régions Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Île-de-France et à Mayotte. Il est légèrement inférieur dans les Hauts-de-France. L’autre critère ayant servi à établir la carte finale du déconfinement est celui de la circulation du virus, déterminé à partir de la proportion de passages aux urgences pour suspicion de contamination par le Covid-19. Les départements où ce taux est le plus fort sont Paris et le Val-d’Oise, en Île-de-France, et Mayotte. Le Premier ministre a précisé que le nombre de cas de Covid-19 en Île-de-France était en baisse, mais restait élevé, supérieur au niveau espéré par l’exécutif. En ce qui concerne Mayotte, il a précisé que le nombre de cas y était faible, mais en augmentation.

Quels sont les risques d’un déconfinement trop large ?

Une étude épidémiologique publiée hier, à laquelle a participé le groupe hospitalier francilien AP-HP, prévoit que les services de réanimation seront de nouveau surchargés dès fin juillet si les personnes à risque sont exposées au virus, en dépit de la distanciation physique et du port du masque. En revanche, les épidémiologistes prévoient que si elles continuent de limiter leurs contacts jusqu’à la fin de l’année, la mortalité liée au Covid-19 en France entre mai et décembre sera de 33 500 décès au lieu de 87 100. Une autre modélisation réalisée par l’Inserm, un institut de recherche médical public, estime que pour éviter une seconde vague en Île-de-France, le dispositif de dépistage devra détecter 50 % des nouvelles contaminations et les collèges et lycées ne devront rouvrir qu’après le 8 juin. Le haut fonctionnaire chargé de coordonner le déconfinement, Jean Castex, a expliqué hier au Sénat avoir préparé un plan de « reconfinement » en cas de seconde vague.