12 mai 2020

Tout s’explique

Alerte sur la malnutrition dans le monde

Quelle est la situation mondiale en matière de malnutrition ?

Le Global Nutrition Report, un rapport annuel dont l’édition 2020 a été publiée aujourd’hui appelle à un renforcement de la lutte contre la malnutrition dans le monde. Établi à la demande d’un groupe de représentants de l’ONU, d’États, d’ONG et d’entreprises, il note que 820 millions de personnes – une sur neuf – souffrent de faim ou de sous-nutrition dans le monde. Le rapport s’inquiète de progrès « trop lents » vers 10 objectifs pour une meilleure alimentation fixés pour 2025 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence de l’ONU. Parmi ceux-ci figurent la réduction de la proportion de femmes en âge de procréer victimes d’anémie (une diminution du taux d’hémoglobine dans le sang), une baisse de la part des enfants victimes de retard de croissance et une stabilisation du taux d’obésité infantile. Aucun pays ne semble pouvoir atteindre ces objectifs, selon le rapport, et au mieux seuls 8 pays sur 194 sont en mesure d’en atteindre quatre.

En quoi le Covid-19 aggrave-t-il les problèmes ?

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estimait en avril 2019 à 113 millions le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë, la forme « la plus extrême » de la faim, selon l’organisme. Dans un rapport publié il y a trois semaines, la FAO prévoit que cet état pourrait concerner 265 millions de personnes à la fin de l’année en raison de la crise du Covid-19 et de son impact sur les revenus. « Nous devons nous assurer que notre réponse face à la pandémie de Covid-19 ne crée pas, de manière involontaire, des pénuries injustifiées de produits essentiels et exacerbe la faim et la malnutrition », ont écrit fin mars dans un communiqué commun la FAO, l’OMS et l’Organisation mondiale du commerce. Ils ont pointé les mesures empêchant la circulation des travailleurs agricoles et les entraves à la circulation de certains aliments.

Quels efforts sont entrepris au plan international pour rendre l’alimentation plus saine ?

Le Global Nutrition Report estime qu’une part importante de la population mondiale « ne peut simplement pas accéder à un régime sain ou se l’offrir ». Il y voit plusieurs raisons, dont le poids des produits transformés bon marché et une focalisation des systèmes agricoles sur certaines cultures comme le riz, le blé et le maïs, au détriment d’une production plus large et plus saine, comme celle des fruits et des légumes. Sur son site internet, l’OMS explique qu’elle accompagne ses États membres pour qu’ils atteignent les objectifs de nutrition fixés pour 2025. L’une des lignes directrices est de créer des systèmes alimentaires « durables et résilients favorisant une alimentation saine », en favorisant par exemple des cultures qui n’épuisent pas les ressources. L’OMS fournit également des recommandations pour développer des politiques nutritionnelles à mettre en place au niveau des États.