14 mai 2020

Tout s'explique

Un nouveau gouvernement en Israël

Comment se répartissent les rôles dans le nouveau gouvernement israélien ?

Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien depuis 2009 et président du parti de droite Likoud, a annoncé hier qu’il était parvenu à former un gouvernement « d’union et d’urgence », avec Benny Gantz, son ex-rival, dirigeant de la coalition centriste Bleu et Blanc. Cet accord met fin à 18 mois de blocage politique qui ont vu se succéder trois élections législatives. Il prévoit que Benjamin Netanyahou reste Premier ministre pendant les 18 prochains mois, avant d’être remplacé pour la même durée par Benny Gantz. En attendant, Benny Gantz occupera le poste de ministre de la Défense et portera le titre de « Premier ministre suppléant ». Les deux camps se partageront équitablement les 34 portefeuilles ministériels. Le nouveau gouvernement doit prêter serment ce soir, après avoir obtenu l’approbation des députés.

Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour parvenir à cet accord ?

Benny Gantz avait d’abord refusé de s’allier à Benjamin Netanyahou en raison des affaires de corruption dans lesquelles celui-ci est accusé. Le Premier ministre doit comparaître devant la justice de son pays à partir du 24 mai pour corruption, abus de confiance et malversations. En septembre, Benny Gantz déclarait ainsi qu’il refusait de siéger dans un gouvernement avec un chef « sous le coup d’un acte grave d’accusation ». Fin mars, face à l’épidémie de Covid-19, il a finalement affirmé que le temps n’était « pas à la division » et a annoncé son souhait de participer à la « création d’un gouvernement national d’urgence ». Plusieurs de ses anciens alliés se sont alors détournés de lui comme Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, qui a qualifié ce revirement de « suicide politique ».

Quel est le projet du nouvel exécutif pour la Cisjordanie ?

Au cours de ses trois campagnes électorales successives, Benjamin Netanyahou a promis l’annexion de plusieurs territoires palestiniens de la Cisjordanie : la vallée du Jourdain et plus de 130 colonies israéliennes. Le rattachement de ces territoires à Israël, compris dans l’accord de gouvernement, faisait partie du plan de paix américain pour le Proche-Orient présenté le 28 janvier par le président des États-Unis, Donald Trump. Il constitue « une violation flagrante du droit international », a estimé le 23 avril le représentant de la France à l’ONU. Yair Lapid, ancien allié de Benny Gantz au sein du mouvement Bleu et Blanc, a déclaré le 21 avril que cette annexion « anéantirait le traité de paix avec la Jordanie et provoquerait des dommages irréparables avec le Parti démocrate et une majorité des Juifs américains ».