18 mai 2020

Tout s'explique

Une concertation sur le fonctionnement de l’hôpital

Qu’a annoncé le ministre de la Santé ?

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé dans une interview publiée ce week-end par le Journal du dimanche le lancement d’une « concertation nationale avec les partenaires sociaux et les collectifs hospitaliers ». Il a précisé qu’une réunion se tiendrait le 25 mai au sein de son ministère. Il a affirmé que l’amélioration de la situation des hôpitaux passerait par plusieurs actions, dont une augmentation de la rémunération du personnel et une modification de l’organisation du travail. Interrogé sur sa volonté de remettre en question l’application de la semaine de 35 heures à l’hôpital, il a exprimé le souhait de créer un « cadre beaucoup plus souple » pour permettre à ceux qui souhaitent travailler davantage de le faire. Le 13 avril, Emmanuel Macron avait annoncé « un plan massif pour notre santé », passant par une hausse des rémunérations.

Que réclame le personnel hospitalier ?

L’assouplissement du temps de travail ne fait pas partie des revendications mises en avant par le Collectif Inter-Hôpitaux, créé l’an dernier pour accompagner un mouvement social dans les hôpitaux. Il a au contraire régulièrement rapporté que le personnel était « épuisé » et réclamé une augmentation de l’effectif des hôpitaux. La hausse des rémunérations est en revanche bien l’une de ses principales demandes, avec celle d’une augmentation du nombre de lits et des moyens financiers accordés aux hôpitaux. Jeudi, Emmanuel Macron a reçu une dizaine de médecins signataires le 3 mai dans Le Figaro d’une tribune dénonçant un « fléau bureaucratique » à l’hôpital. Ils estiment que l’épidémie a permis une « réduction drastique des procédures administratives » et redonné de l’autonomie aux soignants. Ils réclament également la fin d’une politique « de rentabilité des séjours ». Avec le système de tarification à l’activité introduit en 2005, les dotations aux hôpitaux augmentent en fonction des types d’actes et de séjours.

Comment la France se compare-t-elle aux autres pays ?

La France est le pays de l’Union européenne qui dépense le plus pour la santé en proportion de son PIB (la production de biens et de services), au même niveau que l’Allemagne. Elle y a consacré 11,2 % de son PIB en 2018, selon l’OCDE, qui réunit 37 pays parmi les plus développés du monde. Les soins hospitaliers représentaient 32 % des dépenses de santé en 2017, selon un document publié l’an dernier [PDF] par la Commission européenne, tandis que la moyenne de l’UE s’élevait à 29 %. Cependant, la rémunération des soignants, particulièrement des infirmiers et infirmières, par rapport à la moyenne nationale est nettement inférieure à la moyenne européenne, selon l’OCDE. Le même document note qu’au cours de la dernière décennie, la France a initié un « virage ambulatoire », favorisant des soins sans séjour à l’hôpital, qui a réduit le nombre de lits par habitant dans les hôpitaux et la durée moyenne des séjours, tout en restant au-dessus de la moyenne de l’UE.