25 mai 2020

Tout s'explique

Un projet de loi chinois contesté à Hong Kong

Que contient le projet de loi chinois concernant Hong Kong ?

Des milliers de manifestants se sont réunis hier à Hong Kong, une région administrative spéciale de la Chine, pour protester contre un projet de loi sur la sécurité déposé vendredi au Parlement chinois. Au moins 180 personnes ont été arrêtées selon la police de Hong Kong. Ce projet de loi autorise la Chine à installer à Hong Kong ses services de sécurité. Il vise également à punir les comportements tels que la trahison, la sécession et la sédition à Hong Kong. L’association des avocats du barreau de Hong Kong a souligné aujourd’hui « la crainte généralisée » que ce projet de loi porte atteinte « aux droits civils et politiques » des citoyens hongkongais. La Loi fondamentale de Hong Kong prévoit que la région autonome se dote d’une législation pour interdire « tout acte de trahison, sécession, sédition » ou « subversion ». En 2003, l’exécutif hongkongais a tenté d’appliquer cette clause, mais y a renoncé face à la mobilisation des citoyens.

Comment les relations entre la Chine et Hong Kong sont-elles définies ?

Hong Kong est une ancienne colonie britannique, rétrocédée à la Chine en 1997. La Chine s’est alors engagée à laisser à Hong Kong le statut de « région administrative spéciale » jusqu’en 2047. Hong Kong dispose ainsi de systèmes politique, économique et financier différents de ceux de la Chine. C’est le principe « d’un pays deux systèmes » proposé en 1997 par le dirigeant de la République populaire de Chine Deng Xiaoping. Selon la Loi fondamentale de Hong Kong, les citoyens sont appelés à élire le pouvoir exécutif au suffrage universel, mais le chef de l’exécutif de Hong Kong est toujours désigné par un comité de grands électeurs majoritairement acquis à la Chine. En 2014, des manifestations ont été organisées pour contester la mainmise croissante du gouvernement chinois et réclamer davantage d’autonomie. En 2019, les Hongkongais se sont à nouveau mobilisés contre un projet de loi, depuis abandonné, qui visait à permettre l’extradition de citoyens vers la Chine continentale.

Que font les États-Unis pour défendre l’autonomie de Hong Kong ?

Dans une déclaration publiée vendredi, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a exhorté la Chine à réexaminer « une proposition désastreuse » et à respecter « le haut degré d’autonomie, les institutions démocratiques et les libertés civiles de Hong Kong ». Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré aujourd’hui que la Chine prendrait « toutes les mesures nécessaires pour riposter » contre les États-Unis s’ils continuaient à « critiquer » le gouvernement chinois ou à « interférer » dans ses relations avec Hong Kong. En octobre, le Parlement américain a adopté une loi « sur les droits humains et la démocratie » prévoyant de refuser les demandes de visa et de geler les actifs aux États-Unis des responsables politiques chinois portant atteinte à l’autonomie de Hong Kong.